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vendredi 12 août 2016

Je ne suis pas prête moi!

J'ai voulu avoir un congé parental que je n'ai pas pu obtenir et malgré tout j'ai réussi à passer presque 3 années complètes à ses cotés, en bossant de la maison, en télétravail, puis pendant mon chômage.
3 ans. Faut bien l'avouer, la maternité telle qu'on la vit est prenante. Même si ma vie sociale est assez active, mon enfant est le centre de mon monde.

Dans quelques semaines maintenant, ce monde va basculer. c'est la première rentrée de Petit Chou. Son école est chouette, en tout cas la cour de récré est immense, il y a des arbres, des fleurs, du gazon, des bancs pour s'isoler un peu, des coins our jouer au ballon, et d'autre pour faire du vélo, courir, gratter, farfouiller...La maitresse est agréable, la classe est petite, tout niveau confondu.



Petit Chou est content d'aller à l'école, a hâte d'aller jouer et de se rencontrer les autres. il dit bonjour a sa maitresse quand on la croise alors que moi....je ne la reconnais pas.

Petit Chou et prêt mais pas moi.

Alors oui je vais pouvoir me reposer, avoir du temps pour moi, ma recherche d'emploi, reprendre un travail et une vie sociale parce qu'il parait que le travail c'est la vie sociale, bref, en tout cas avoir une vie en dehors de mon fils. Sauf que je n'en ai aucune envie.

Parce que j'ai d'autres envies pour mon fils.

Par ce que j'ai des projets plein la tête et que l'école n'en fait pas partie. En tout cas pas celle la, pas comme ça. Je ne vous fait pas de laïus sur l'école, vous savez bien ici ce qu'on en pense.

Parce que je n'ai pas envie d'aller bosser à l’extérieur  alors que je pourrais être utile dans mon environnement, mon "écosystème".

Parce qu'au lieu de me simplifier la vie ça me la complique, que les frais de cantine et périscolaire sont exorbitants,  que les nounous affichent complets.

Parce qu'il y a eu trop de changement dans ma vie et que j'aspire a un peu de tranquillité.  La routine, moi , ça ne me déplairait pas.

Parce qu'a un moment, j'ai eu entre mes mains la possibilité de faire autrement.

Cette rentrée, ce n'est pas seulement sa rentrée, c'est aussi la mienne. Alors oui, on en a besoin, tous les deux, mais vraiment je n'en ai pas envie!!

N'hésitez pas à partager vos états d'âme en commentaire, ça me rassurera! (ou pas!)

lundi 1 août 2016

Papotte sur.... le jeu libre.

Cela fait un moment qu'on se dit avec Charlie que, le souci des blogs qui permettent de partager des idées entre parents, c'est qu'on y parle assez peu du jeu libre. On a eu envie de remédier à cela dans un article à 4 mains qui fait rebond entre nos points de vue et expériences.

Déjà, à quoi sert le jeu ? Ce qui est sûr c'est que le jeu n'a pas le même rôle ni la même signification pour un enfant que pour un adulte.
C'est par le jeu que les enfants appréhendent et apprivoisent le monde c'est pourquoi jouer librement pour un enfant c'est primordial. Par exemple, ma fille joue à mourir très souvent depuis que la mort a fait irruption dans sa conscience du monde. Bien sûr elle meurt mais elle se réveille après puisque dans le jeu, on peut. Mais elle meurt et je dois être triste. Je sens très clairement que par là elle intègre le vécu de la mort ; elle l'intègre comme un enfant de son âge : en le vivant dans son corps. Je sais intimement que ce qui se passe est très sérieux. Elle fait de même avec l'accouchement depuis peu d'ailleurs.


Le jeu n'a pas le même rôle ni la même fonction parce qu'on ne le conscientise pas de la même façon. Le jeu est une thérapie en soi. On propose aux malades d'Alzheimer de jouer parce que le jeu apporte de la résilience. Comme pour les enfants, il redonne confiance aux patients, et puis ils ravivent la mémoire, suscite des connexions, fait travailler le mental.
Les animaux aussi jouent. Les petits entre eux ou avec leur mère et ils apprennent de cette manière toutes les aptitudes qui sont nécessaire à leur survie. Doser leur force, appréhender les réaction de l'autre, communiquer. Des animaux privés de jeu s'isolent, ne se reproduisent pas , ils sont incapables d'appréhender de manière codifiée les règles sociales et peuvent devenir dangereux pour eux et les autres.

Le jeu libre est passé par différentes phases chez nous. D'abord de façon uniquement moteur, en jouant avec son corps et  sa mobilité, puis on est passé à une phase plus intellectuelle dans laquelle le jeu permettait de rejouer des scènes, de comprendre des moments de vie passée. Il rejoue des accidents, ma (sa?) séparation, la mort de notre chien etc...tous les grands moment forts (et marquants) passent dans le jeu et sont réinterprétés, réappropriés pour les rendre plus acceptables. Aujourd'hui on entre dans la phase de narration, où le jeu est bien plus élaboré, plus construit encore. Il raconte des histoires, et parfois m'invite avec des "on dit que" à rentrer dans son histoire ou juste à l'écouter et c'est riche, que c'est riche!

Depuis que j'ai lâché prise avec Minimog, son penchant pour le jeu libre a explosé. Je sais qu'elle entre dans le jeu parce qu'en général, à brûle pourpoint et quelque soit le contexte ça commence par : "Viens maman on disait que....". Des "on disait que..." j'en mange 50 par jour. Mais je suis hallucinée de voir tout ce qui ressort de ces jeux imaginés.
J'ai parfois du mal à trouver l'enthousiasme quand j'entends pour la 250ième fois du mois : "Viens maman on disait que t'étais une sorcière...". J'ai été 697 fois un dragon méchant, puis gentil puis méchant, 1368 fois une sorcière méchante puis gentille, puis méchante, 634 fois une maman éplorée ou en colère ou que sais-je. Les scénari de base sont toujours les mêmes.
Mais quand je prends le temps de rentrer dans le jeu, je aussi suis toujours bluffée à la fin par tout ce qui en est ressorti.
Mime et incarnations diverses, connaissances des animaux, des plantes, rires, vocabulaire enrichi, compréhension du monde, langue étrangère,  motricité et sport, rires, chants, imitation, imagination et créativité, rires (oui j'insiste sur le rire mais le rire c'est primordial)....

J'ai remarqué autre chose que ce soit dans mes échanges avec les autres mamans sur ce sujet (via l'Arbre à Noyaux), ou en observant les gens autour de moi. C'est que pour un adulte jouer n'est plus naturel. On n'ose plus jouer ou on ne sait plus comment faire. En emmenant mon fils à la plage j'ai vu un nombre incroyable de parent, pour ne pas dire tous, amener leurs enfants au bord de l'eau leur tendre des jouets et rester là à attendre, le visage terne, même pas en maillot de bain, non, habillé normalement de sorte qu'il n'y a aucune possibilité de se laisser aller à la tentation. Ça m'arrive aussi parfois, vraiment je n'ai pas envie et puis au bout d'un moment, aller!, je lui cours après juste histoire de dire que, et là, je finis par m'y prendre. Il suffit parfois juste d'un rire pour tout lancer. Grimper aux arbres, sauter, courir, s'attraper ça n'est pas réservé qu'aux enfants et ça ne se pratique pas que dans des lieux spécifiques comme des parcs aventures ou je ne sais quoi. Et c'est tellement bon.......

Je me reconnais dans ton témoignage. Et ça m"inspire la remarque que pour beaucoup de parents le jeu passe par du matériel, voire qu'il se résume aux jouets. Mon mari dit souvent à ma fille :"Mais t'as plein de jouets et tu joues pas avec !", le plus souvent quand il n'a pas envie de l'avoir dans les pattes. Mais chez l'enfant le jeu naît d'un rien et déborde sur la vie quotidienne. On peut l'intégrer dans de multiples situations. 
Il est dommage aussi que l'on surcharge les enfants en matériel, y compris dans leurs jeux, je trouve que ça laisse moins de place à l'imagination. On multiplie les acquisitions pour varier les jeux mais au final, je trouve qu'on cloisonne à des propositions concrètes et limitées tout ce qui pourrait émaner de la tête de nos enfants.
Il est dommage aussi que les jouets se substituent souvent à la présence humaine, autrement plus riche. Surtout que les enfants, en particulier les tout jeunes ont souvent besoin pour jouer d'une "présence affective". Pas d'être seulement physiquement là mais dans le jeu, avec eux, ce qui n'empêche en rien l'adulte de vaquer à ses occupations, et même d'y intégrer l'enfant par le biais du jeu.

Ça ne veut pas dire non plus qu'on doit tout le temps jouer avec son enfant, rentrer dans son jeu, non mais on peut le nourrir un peu , partager un temps avec lui et le laisser à son plaisir, jouer librement. Et pendant ce temps, on peut jouer librement de notre coté aussi :-)
 
Et puis ce n'est pas toujours facile d'être honnête, parce qu'on a pas toujours envie de jouer. Alors faut il se forcer à jouer? En ce qui me concerne, à partir du moment où il n'y a plus d'authenticité, de motivation, j'arrête. Mais ça ne m’empêche pas d'être présente. D'être juste là, tout en continuant à discuter par exemple mais je suis là et je reste réceptive. C'est ce dont il a besoin: de savoir que je suis là pour lui. Un peu comme quand il me dit qu'il veut téter alors que ça fait 3 semaines qu'il ne l'a plus fait. A chaque fois je lui dis " d'accord, viens!" et ....il ne tête pas. Il avait juste besoin d'être rassuré sur l'ordre des choses.

C'est vrai, on a pas toujours envie, et il ne s'agit pas de faire croire à l'enfant que l'on est toujours à sa disposition pour jouer seulement selon ses règles à lui. Mais je constate aussi que si parfois je ne suis pas motivée pour rejouer encore au même jeu, quand je me fais violence, comme tu le racontes plus haut, souvent je finis par entrer dans le jeu et si la base est toujours la même, je suis toujours surprise de ce qui en ressort.
Et puis parfois je constate aussi que quand Minimog est "dans mes pattes" et réclame ma présence avec insistance, prendre le temps de jouer un peu avec elle -mais jouer vraiment- répond à son besoin et souvent elle finit par aller jouer seule, à nos côtés ou dans sa chambre.

Il est vrai que ces moments où l'enfant joue seul, sans aucune intervention de l'adulte sont primordiaux pour sa construction intérieure. Et ce, dès le plus jeune âge. Avec Minimog j'étais hyper présente (trop!) : je pensais que l'on devait tout le temps occuper un bébé, tout le temps "faire des choses" avec un bambin - et elle en garde sûrement les traces aujourd'hui, mais pour Raoudi, je constate que quand il a eu sa dose de contact et d'attention, je peux tout à fait le poser quelque part et le laisser faire sa vie tout seul.


Oui, parfois il faut aussi pouvoir se sentir seule, se sentir libre de jouer seul. Je me souviens d'une séance avec la psy, la première en fait, pendant laquelle pour la première fois Petit Chou a joué librement sans moi alors qu'à la maison il ne me laissait rien faire seule, et ne faisait rien seul, il était toujours dans l'attente de quelque chose. Rapidement j'ai compris que ce changement d'attitude ne venait pas de lui mais de moi. J'étais pleinement, entièrement à autre chose et j'étais sereine avec ça. Le fait de pouvoir être librement occupée à autre chose que lui lui a permis de pouvoir être pleinement occupé à autre chose que moi.

D'ailleurs, c'est une notion de plus en plus (ré)admise : l'enfant apprend par le jeu, c'est même la façon la plus efficace pour lui d'apprendre et la seule dont il dispose instinctivement (honnêtement, la pédagogie c'est un truc d'adulte).
Que fait un enfant si nous le laissons faire  ? Il joue.
André Stern révélait l'absurdité de notre société qui a dissocié le "travail" : important, valable, sérieux et le "jeu" : loisir, superficiel, oisif. Jouer c'est devenu un gros mot. Mais ce faisant on passe à côté d'un principe essentiel de l'apprentissage des enfants.

Je crois que l'enfant apprend toujours. Si le jeu est naturel, apprendre l'est aussi à partir du moment ou l’intérêt est suscité. Quand on propose une activité à un enfant, quand on lui propose un "travail", pour lui ça reste du jeu à partir du moment où ça correspond à ses intérêts du moment, à ses "périodes sensibles".  Bien qu'occuper son temps à préparer des activités sans oser se laisser de temps libre, soit plus à notre profit qu'à celui de l'enfant. Pour ma part, prévoir des activités m'a surtout permis d'essayer de maintenir un équilibre, de trouver une place dans ma famille chamboulée par la maladie et la mort, de ne pas penser, de fuir. A partir du moment où je ne pouvais plus que faire face, je n'ai plus proposé d'activités, c'est mon fils qui m'a invité et j'ai commencé à vraiment en profiter parce que je n'attendais plus rien.  
Ce qui est sûr, c'est qu'aucun de nos actes vers nos enfants n'est neutre, il sera toujours chargé de notre propre expérience. On va se donner l'impression de légitimer notre rôle, on va panser nos plaies, vivre par procuration une autre enfance...jusqu'à ce qu'on arrive à lâcher prise, à trouver un équilibre. Et c'est là que le jeu libre devient intéressant, et pas seulement pour l'enfant!

Pour ma part, chez nous le jeu libre a pris une place énorme. Je constate d'ailleurs l'inutilité des jouets "fermés" ou des activités cadrées chez Minimog pour l'instant : l’intérêt dure le temps de comprendre le truc mais quand il est compris, c'est passé. C'est d'ailleurs ce qui m'a incité à ne plus acheter de jouets à mes enfants mais de prendre en parallèle un abonnement à la ludothèque (chose que je n'ai toujours pas faite et on vit très bien ainsi pour l'instant finalement). Je m'en tiens majoritairement à des jeux ouverts : poupées, jeux de construction, instruments de musique, matériel d'art, jeux d'imitation. Et ça semble lui suffire.
Il arrive d'ailleurs souvent qu'elle ne joue avec rien d'autre que son imagination et l'environnement dans lequel on se trouve. La place de l'église de notre village accueille un vieux pressoir qui fait sa joie et qui est tour à tout un château, une grotte, un mur d'escalade... 

Et quand je dis "jouer librement", quand je souhaite redonner au jeu ses lettres de noblesse, j'ai aussi envie de profiter de cet article pour encore une fois, tenter de prendre du recul face aux étiquettes.
Un enfant se met à construire un château avec des bouts de bois et bam: il pratique une activité reggio de land'art avec des loose parts nature.
Non, il joue.
Tout simplement.
Comme n'importe lequel des enfants à travers le monde.
C'est difficile de se déconditionner l'esprit de toutes les étiquettes pédagogiques que l'on intègre, même bienveillantes.
Attention, je ne suis pas devenue anti pédagogies actives, mais quand on met une étiquette sur ce que font nos enfants: je trouve qu'on plaque notre regard d'adulte et nos attentes d'adultes sur ce qui est en train de se passer alors que ce qui se passe appartient à l'enfant. Je trouve important de "des-étiqueter" les choses de temps en temps.
Je crois que, toutes voies et convictions éducatives confondues, il est bon par moments d'accepter l'idée que nos enfants puissent jouer, tout simplement, sans rien attendre de ce jeu que d'abord de voir notre enfant heureux, de participer à son bien être, de le laisser extérioriser toutes ces choses qui mûrissent en lui, librement.

J'ai envie de vous proposer un défi ^_^ 
Pour toutes celles qui nous lisent et qui n'arrivent pas à jouer, qui n'osent pas jouer, j'aimerais vous demander de vous mettre dans un endroit où vous vous sentez bien , un endroit où vous ne serez pas vu, avec ou sans vos enfants et de vous laisser aller. A rouler dans l'herbe, à "effeuiller "une pâquerette, à sauter à la corde, à viser le panier avec les balles qui trainent, à faire des bulles et sauter pour les éclater avec votre nez. Pas longtemps, le temps qu'il vous faut.

dimanche 24 juillet 2016

Le tableau des états d'âme - téléchargement

Ouah, mon rêve de blogueuse devient réalité : j'ai mis un truc en téléchargement !!! 
Enfin j'ai essayé, si ça ne fonctionne pas, indiquez le en commentaires. :$

Il s'agit du tableau des états d'âme dont je parle ici 
Mais cette fois avec les illustrations de Charlie, déjà utilisées pour le nuancier des émotions
Ainsi ceux qui utilisent déjà le nuancier auront les mêmes repères. Toutefois certains visages n'ont pas exactement le même sens dans les deux outils. 

Donc s'il y en a que ça intéresse, c'est par là :

Je l'ai laissé en format Open office pour être modifié selon vos envies et besoins.

jeudi 14 juillet 2016

Notre mur du temps et des émotions


Au départ, il y a le besoin d'aider Minimog à structurer sa vision du temps. 
Il faut dire que nous ne sommes pas vraiment des routiniers (j'essaye pourtant mais c'est contre-nature) et que notre emploi du temps est souvent assez (trop?) rempli. 
Minimog a acquis depuis des mois la notion de passé / présent / futur mais sans aller au delà.
Pour elle "hier" ça peut être il y 6 mois et "demain" ça peut vouloir dire dans deux semaines. Et comme tous les enfants de son âge, elle est dans l'immédiateté. Difficile alors pour elle de comprendre et d'attendre que les choses arrivent. J'ai donc ressenti le besoin de l'aider à structurer le temps dans sa pensée avec des outils concrets.

Le temps 

Alors, si vous cherchez des outils pour aider à structurer le temps, je vous renvoie à cet article d'Elsa où vous trouverez une liste quasi exhaustive (ou en tous cas ultra fournie) de ce que l'on peut utiliser comme outils temporels.

Nous n'utilisons pas tout ce qu'elle utilise, loin de là mais notre mur est bien rempli (trop). 


Je m'étais déjà servie d'une petite poutre du temps pour la période où nous avons vécu dans les Vosges. 
J'y avais inclus des repères comme Halloween, la rentrée à l'école des Souris Vertes, la naissance (supposée) de Raoudi et son retour à l'école habituelle. 



Mais une poutre du temps c'est fichtrement LONG ! et pas facile à caser. J'ai mis du temps avant de jeter mon dévolu sur un pan de mur finalement bien placé mais peu utilisé et utilisable pour autre chose. 
 
La poutre du temps existe en entier mais je n'ai pas encore trouvé le moyen de l'afficher comme j'aimerais. J'ai donc placé uniquement les deux mois des grandes vacances pour répondre à un vrai besoin de Minimog qui ne comprend pas que des vacances durent aussi longtemps ^_^. Une mini pince à linge fuchsia sert à marquer le jour où nous sommes et d'autres repères ont été placé pour marquer les différentes fêtes de l'année, nos anniversaires (Minimog demande sans cesse quand aura lieu son anniversaire), les vacances chez Papi et Mamie, etc.


J'ai aussi ajouté des repères journaliers pour structurer la semaine. C'est un "truc" utilisé dans la moindre salle de classe mais j'ai repris le fonctionnement d'Elsa qui me plaisait beaucoup. Même principe : un rond par jour, une pince à linge fuchsia pour marquer le jour où nous sommes et des repères en pinces à linge.
C'est ce qui sert le plus à Minimog. Je crois que la poutre du temps c'est encore trop large pour elle mais elle s'intéresse beaucoup à la poutre hebdomadaire et avance sa pince à linge tous les jours.
J'avais fait des ronds de couleurs différentes pour une raison purement esthétique mais en fait, c'est très utile car, ne connaissant pas encore bien les jours de la semaine, Minimog se repère aux couleurs (ce qui ne m'empêche pas de nommer les jours par leurs noms même si pour l'instant ça ne lui parle pas). 


La poutre hebdomadaire sert aussi à placer deux "bons pour cododo" et deux "bons télé" à répartir quand elle le souhaite. 
La (célébrissime !) coupine Anaïs utilise un système de bons similaire pour les écrans mais plus poussé : les enfants disposent d'un certain nombre (défini en famille) de bons de 15 minutes à repartir comme bon leur semble dans la semaine. Clairement c'est trop tôt pour Minimog mais je trouve l'idée super.  


Enfin j'ai affiché les légumes de saison du mois en cours. Franchement, ma présentation est atrocement imposante et surcharge beaucoup le mur. Mais j'ai recyclé mes anciennes cartes de nomenclature, également recupérées chez Elsa et sur ses conseils, j'avais imprimé les choses en grand. Bon là c'est la pleine saison, en hiver ce sera moins chargé et du reste, les cartes restent d'actualité pour Raoudi et je n'avais pas envie de polluer en réimprimant des légumes en plus petit et en re-plastifiant le tout. 
Quand Minimog rentrera de vacances j'ai pensé lui proposer de mettre des gommettes sur ce que nous avons dans notre jardin. 

Comme je suis une quiche pour l'instant sur la question, j'ai repompé ma liste sur le modèle des calendriers bio consommacteurs partagés par Valérie Cupillard (ici).
Ah oui ! Parce que j'ai oublié de préciser que, comme à peu près toute la maison désormais, c'est un mur à utilisation familiale, il n'est pas destiné qu'aux enfants. Il est conçu pour que les enfants puissent l'utiliser mais le calendrier sert aussi aux parents, ainsi que tout le reste. 



Les émotions (ou plutôt les "états d'âme")

Avec l'école et nos emplois, nos soirées ont connu beaucoup de... "désaccords émotionnels" entre une Minimog surexcitée (qui s'excite un peu plus à chaque fois qu'on réclame du calme puisqu'elle est aussi fatiguée), une maman fatiguée et un papa stressé et fatigué, qui ont généré pas mal de tensions (je vous fais pas un dessin, hein ?). J'ai eu l'idée d'ajouter à notre mur un outil de mon cru pour aider à gérer tout cela. 
(Gwen, c'est le fameux outil révolutionnaire dont je parlais) qui n'a évidemment rien de révolutionnaire mais enfin qui, s'il est inspiré de trucs piochés à droite à gauche, est de mon crû et conçu pour les besoins de notre famille et pas copié-collé. Et donc il fonctionne plutôt bien !!


Le principe :  à gauche, une colonne "Je me sens" avec divers état d'âme (c'est avec tristesse que j'ai constaté que le positif "bien" était tout seul alors que nous avons une kyrielle d'états "négatifs" ; ça en dit long quand même). Au milieu la colonne où nous plaçons les photos des membres de la famille dans l'état qui est le leur au moment M. A droite, la colonne "j'ai besoin de". J'ai divisé en 2 les besoins : calme et amour. 
Chaque membre de la famille peut bouger qui il veut. 

Son intérêt est multiple :
- il permet d'exprimer son ressenti de manière plus concrète et de le faire entendre aux autres.
- il permet aussi d'exprimer le ressenti des autres sur ce que l'on communique comme émotion. Je peux choisir de mettre Minimog sur "excitée" en lui disant pourquoi, parce que c'est ce que je perçois.
- il permet une prise de conscience de son état: je dis souvent à mon époux qu'en ce moment je le trouve très tendu, il ne me croit pas. Je pense qu'à force de voir sa photo en bas du tableau, il réalisera peut-être...
- il permet de discuter des états d'âme : si je mets Minimog sur "excitée", à elle de me dire si elle est d'accord ou pas. La position des photos doit faire consensus.
- il permet de visualiser les besoins de manière concrète et simple. Minimog excitée / Maman fatiguée / Papa énervé = Tiens donc! On a tous besoin de calme.

Je voulais attendre de voir si le tableau fonctionnait vraiment avant de le partager (l'installation est récente) mais j'ai promis à Gwen que ce serait mon prochain article et j'en ai plein d'autres sur le feu. 
Pour l'instant Minimog joue avec : "Alors aujourd'hui je suis.... triste (alors que c'est faux) ! et papa..... en colère (idem), et Raoudi...... Maman, Radoui il se sent comment ?". Pour moi c'est parfait, elle se l'approprie. L'indifférence aurait été un échec, ce n'est pas le cas.
D'ailleurs Petit chou aussi a aimé.

Et oui... J'aurais pu ré-uiliser le nuancier des émotions de Charlie et Anaïs pour les images mais j'y ai pensé trop tardivement ;-). Mais si l'idée vous plait, pensez-y ! 

finalement, c'est une bonne chose que je n'ai pas eu le temps de tout installer d'un coup, ça aurait fait trop. Minimog a eu le temps de s'approprier chaque élément de ce mur qui va surement connaitre des modifications au fur et à mesure de nos besoins.


lundi 11 juillet 2016

Première année d'école.

" No more pencils
No more books
No more teacher's dirty looks

Out for summer
Out 'til fall
We might not come back at all

School's out forever
School's out for summer
School's out with fever
School's out completely"

School's out, Alice Cooper


Ca y est, Minimog goûte à ses premières grandes vacances et c'est pour moi l'occasion de faire un bilan sur cette sacro-sainte première année d'école.
J'avais tellement hésité à l'y mettre au vu de mes prises de conscience de l'époque et j'avais finalement misé sur l'humain et nous l'avions inscrite.... Et bien aujourd'hui je ne regrette pas ce choix.

Le positif

Je dois dire que mon bilan est vraiment positif après cette année, et en grande partie pour la raison que je sentais : les maîtresses de cette école sont vraiment super. J'en prends conscience régulièrement quand j'échange avec d'autres mamans qui ont des enfants en maternelle: l'école de Minimog est vraiment top.
Et finalement ce n'est pas la pseudo inspiration Montessori des activités qui me plait le plus mais bien un fonctionnement, un état d'esprit général qui règne dans cet établissement.

- un vrai respect de l'enfant : j'ai vu les maîtresses, à l’œuvre elles sont vraiment très sympa avec les marmots (sans jouer à être les copines qu'elles ne sont pas), savent ce que l'on peut décemment attendre d'un enfant de tel ou tel âge et n'exigent pas la lune d'eux. Un jour je suis allée chercher ma fille à l'école et la maîtresse m'a dit : "Aujourd'hui Minimog n'avait pas envie de faire grand chose, elle errait devant le tableau avec sa photo sans savoir quoi choisir.... Bon c'est comme ça, y a des jours on a envie de rien faire, c'est pas gênant". C'est rassurant de réaliser que la maitresse n'attend pas des enfants une motivation factice et sans faille sous prétexte qu'ils ont mis un pied dans un lieu d'apprentissage (chose que même certains parents, même auto-proclamés bienveillants ont du mal à faire....). 
Il fait beau aujourd'hui ? Tout le monde dehors pour des jeux libres toute la matinée ! No stress, on est pas à l'usine.
Une maitresse aussi qui n'attend pas une "sociabilisation" à tout prix et qui ne s'étonne en rien que des gosses de 3 ans ne jouent pas entre eux. Une maîtresse qui accepte qu'au bout d'un an, un des gamins un peu plus sensible ait encore besoin de son doudou pour se rassurer à certains moments. Une maîtresse qui ne se sent pas obligée de rabaisser les enfants pour les faire avancer (genre :"Mais enfin, arrêtes de pleurer, t'es plus un bébé voyons!"). J'ai pu voir la différence avec les remplaçantes qui ne sont malheureusement pas de la même trempe.... 

- une grosse classe mixte divisée en deux. Auparavant l'école comptait une classe par niveau, aujourd'hui il n'y a que deux classes. Ce fut un mal pour un bien puisque les classes ne sont pas surchargées pour autant et du coup, les maitresses et les enfants s'entrecroisent pas mal. Par ex : Maitresse J. fait de la peinture avec les petits et les grands le mercredi pendant que maitresse D. emmène les moyens à la bibliothèque. De la bouche de la maitresse elle-même, les frontières entre les deux classes sont de plus en plus poreuses. Si bien que ma fille côtoie des enfants de tous les niveaux. 
Les enfants sont aussi du coup habitués à côtoyer les deux maitresses et réciproquement. A tel point que nous avons offert des pots de confiture à toute l'équipe pédagogique sans distinction  (je trouve très dommage qu'habituellement les enfants aient à changer d'enseignant tous les ans en maternelle. Au moins ici leurs repères humains sont à peu près fixes). 

- pas d'évaluation négative. Logiquement d'après la maitresse, c'est réclamé par l’éducation nationale depuis cette année mais visiblement certains ont encore du mal (une maman de ma connaissance à reçu le bulletin détaillé en 4 pages de petites croix de sa fille avec comme commentaire "élève appliquée mais trop bavarde" : dernière année de maternelle.....-_-....). Ici ça fait 10 ans que ça s'applique, aussi les maitresses sont carrément convaincues de la chose (et convaincantes à l'égard des parents septiques) et l'évaluation se fait de manière ultra simple et uniquement positive. D'ailleurs je n'ai même pas reçu l'évaluation de ma fille pour cette fin d'année !! (Tant mieux !).
Chose very important : je n'ai jamais eu l'impression que Minimog a le sentiment d'apprendre des choses POUR quelque chose, pour obtenir une récompense ou éviter une remontrance. Elle apprend, point.
Et Dieu merci, je n'ai pas le sentiment qu'elle cloisonne le fait d'apprendre à un lieu précis. OUF !

- une pédagogie ouverte sur le monde. Bien plus que je ne le pensais. Les maitresses ne perdent pas une occasion de transmettre, même pendant le trajet jusqu'à la bibliothèque. J'ai même finalement réussi à m'impliquer en présence de mon fils à l'école et ça plait beaucoup aux gamins. Ce fut même l'occasion pour la maitresse des grands de faire le parallèle entre le portage de Raoudi et celui des mamans africaines dont les dessins ornaient le plafond du couloir. ;-). Tout est une occasion d'apprendre.

- autonomie des enfants : dans la lignée de l'esprit Montessori mais aussi autonomie dans l'apprentissage du vivre ensemble. J'apprécie beaucoup que les maitresses incitent d'abord les enfants à s'expliquer entre eux sans intervenir à tout bout de champ (chose rarissime chez les adultes en général)

Le négatif

- la vie sous stress : ça pour moi c'est le pire : se dépêcher, se lever quand on est fatigué, se forcer à aller au lit quand on a pas sommeil, courir, courir, courir,.... Pour moi c'est juste de la folie d'avoir à imposer ça à nos enfants si jeunes. Ma fille aura d'ailleurs traversé l'année totalement épuisée et bon nombre des accrochages que l'on a pu avoir venaient de là. Je comprends pourquoi la réforme des rythmes scolaires avait créé cette levée de boucliers. L'an prochain je pense que nous resterons à 4 jours: semaine, sauf si Minimog exprime l'envie inverse.

- une ATSEM qui m'agace. Pas celle de Minimog pour cette année et donc l'année à venir puisqu'elle restera chez la même maitresse. Elle n'est pas méchante mais franchement, je lui payerai bien un cursus d'atelier Faber et Mazlich. "Bon alors vous avez pas envie ou quoi ? Ohlala, vous êtes pas rigolos ce matin ! Allez là ! Faites moi des belles constructions !!" [Gnnnnn]. Elle fait beaucoup de bruit, menace beaucoup ("Ou je te mets un coup de pied au fesses" - ben tiens !), est beaucoup trop sur le dos des mômes (15x plus que les maitresses) et me stresse énormément. Je ne sais même pas ce qu'elle fait au sein de cette équipe. J'avoue d'ailleurs que ça me démange de le demander.

- la découverte de la punition. A la base il y a une chaise de retour au calme. Finalement Minimog est revenue de l'école en milieu d'année avec des "Gare!" - "Ou sinon !..." - "T'es punie"..... 
Boooon. Nous y voilà. Passée la surprise (ça dénotait avec mon impression de l'école quand même), j'ai fini par comprendre que c'était l'apanage quasi exclusif d'un seul enfant, que nous connaissons, qui parait "pas facile" quand nous le côtoyons, qui semble "difficile" au quotidien pour ses parents et qui s'avère carrément ingérable en classe (vu et constaté). Et c'est là qu'on se rend compte que l'école n'est pas la solution pour tous les enfants. 
Bon après, c'est la vie, et la vie, ce n'est pas seulement la maison et ses règles. Donc nous avons accompagné Minimog pour qu'elle comprenne qu'à l'école c'était comme ça et qu'à la maison c'était comme-ci. Ce fut long et pas toujours facile et loin d'être fini, mais en fin d'année, on arrive à quelques résultats. En soi, ça ne me gêne même pas : le fait qu'elle soit confrontée au problème nous donne l'occasion de le traverser, de le surmonter et de lui donner des outils pour qu'elle se fasse sa propre opinion. 
Ce fut l'occasion aussi d'apprendre à ne pas mettre des étiquettes sur les gens. Le petit M. a été pris en grippe par beaucoup, y compris par certains parents et a fini par devenir l'élève "méchant". Je rappelle régulièrement à Minimog qu'elle a déjà joué avec lui sans problème et que donc il n'est pas "méchant" même si son comportement à l'école n'est pas acceptable.      

Et Minimog dans tout ça ?

Difficile à dire. 

Quand on nous a rendu son fichier en fin d'année, j'ai été soufflée de voir certaines compétences qu'elle avait développé là-bas et dont je ne soupçonnais pas l'existence à la maison. Dans un premier temps je n'ai pas pu m'empêcher d'être très fière et aussi, de douter d'avoir pu penser que l'éveil libre suffisait. 
Mais finalement.... Nous avions traversé toute cette année sans savoir que ces compétences existaient et on ne s'en ai pas plus mal portées. Ça ne m'a jamais empêché d'être fière de ma choupette, ça ne nous a jamais manqué. 

Et puis je me demande quelle valeur ça a pour elle. J'ai souvent l'impression que tout cela a plus d'importance pour moi que pour elle. Par exemple, je me lamentais que les arts plastiques ne trouvent pas le chemin de son intérêt à la maison où elle fait très peu de dessin/peinture/etc. Mais à l'école elle n'arrête pas ! Sauf que jamais elle ne s'empresse de me montrer ses dessins, ni d'en parler, ni d'avoir envie qu'on les affiche. Une fois réalisés, ces œuvres ne l'intéressent plus. J'ai alors repensé aux propos d'Isabelle Filliozat et je me suis dis que ce qui l'intéressait c'était sûrement la démarche, pas le résultat.

Du coup je me dis que Minimog évolue au sein de deux univers différents, chacun avec leur caractéristiques. Deux univers parallèles qui se croisent peu mais qui la font évoluer de manière complémentaire. 
Et honnêtement, je n'ai pas le sentiment que les travers de l'école l'aient plus abimée que nos propres erreurs et tâtonnements de parents à la maison.  
Si je lui demande son avis, elle dit qu'elle préfèrerait rester à la maison avec maman et Raoudi... Et puis 3 jours après elle me demande quand est-ce qu'elle retourne à l"école et parle de N., de M., d'E., de D. (sa chère D.), et des maitresses, et des ATSEM, et des autres...
Je crois qu'on est bien comme ça pour l'instant, je ne sais pas si c'est l'idéal, mais il n'y a aucune urgence à la sortir de là et je m'en réjouis. 
Je souffle un bon coup : je vais pouvoir envisager les deux prochaines années de manière sereine et préparer doucement l'avenir pour le primaire... 
Carpe Diem, tout va bien ;-)  


mercredi 6 juillet 2016

La mère, l'enfant et la peur

"Fear of the dark, fear of the dark
I have constant fear that something's
Always near"

Fear of the Dark, Iron Maiden
T'as pas peur que.... ?

Non.
je n'ai peur qu'ils se fassent mal,
je n'ai pas peur qu'ils s'étouffent,
je n'ai pas peur qu'ils tombent
je n'ai pas peur qu'ils se cognent,
je n'ai pas peur qu'ils se brûlent,
je n'ai pas peur qu'ils ne se détachent pas,
je n'ai pas peur qu'ils ne se sauvent,
je n'ai pas peur qu'ils prennent "l'habitude",
je n'ai pas peur qu'ils prennent soient mal influencés,
je n'ai pas peur qu'ils m'en veuillent,
je n'ai pas peur qu'ils me rejettent,
je n'ai pas peur qu'ils me haïssent,
je n'ai pas peur qu'on les kidnappe,
je n'ai pas peur qu'on leur fasse mal,
je n'ai pas peur qu'on leur fasse du mal,
je n'ai pas peur qu'ils se fassent écraser,
je n'ai pas peur qu'ils aient des allergies,
je n'ai pas peur qu'ils se noient,
je n'ai pas peur qu'ils tombent malades,
je n'ai pas peur qu'ils se perdent,
je n'ai pas peur qu'ils soient décalés,
je n'ai pas peur qu'ils ne comprennent pas,
je n'ai pas peur qu'ils n'y arrivent pas,
je n'ai pas peur qu'ils soit trop tôt,
je n'ai pas peur qu'il soit trop tard,
je n'ai pas peur de me tromper,
je n'ai pas peur de l'avenir,
je n'ai pas peur qu'on les abime,
je n'ai pas peur pour eux,

Notre société vit dans la peur, entretient cette peur, nous domine et nous divise par la peur. Certains vous diront que la peur est utile, qu'elle est saine pour les parents ou les enfants, pour éviter de se mettre en danger, pour ne pas faire de bêtises.
Je ne crois pas. Je crois que nos peurs nous appartiennent, et qu'il nous revient de les dépasser, pas de les transmettre, qu'elles sont un cadeau empoisonné à faire à nos enfants. Je crois que la peur ne protège pas. La peur est contagieuse et la peur paralyse, elle bloque, elle panique, elle referme sur soi, elle empêche d'avancer.

Je crois qu'un des grands atouts dans ma vie de mère épanouie est d'avoir su tourner le dos à la peur et de l'avoir remplacée par de la conscience. J'ai conscience que des choses peuvent arriver, je tâche d'être lucide et d'aider mes enfants à faire face à ou à éviter ce qui doit l'être. J'ai conscience aussi qu'un tas de choses dont on m'a appris à avoir peur sont erronées. J'ai conscience aussi de ne pas tout pouvoir apprendre ou éviter.

J'ai conscience que "peur" est un mot qui revient sans cesse dans la bouches des mamans. Depuis les premiers jours de gestation jusqu'à la fin : la peur est omniprésente dans l'esprit des mamans à chaque étapes de la vie de leurs enfants.
Quand je suis partie à la maternité pour accoucher de mon fils, j'ai été submergée par la peur : la peur de souffrir, de ne pas être capable. J'ai surmonté cette peur, et j'ai été capable de tellement plus que ce que j'imaginais. Depuis j'ai entrepris de séparer ma maternité de la peur.

Aujourd'hui, je n'ai plus (de) peurs. Je suis libre d'avancer, dans la conscience. C'est, je crois, une des plus grandes étapes que j'ai franchi en tant que maman.




lundi 4 juillet 2016

Ce qu'il vous faudra endurer si vous devenez végétarien

Un article hors sujet mais c'est mon (co-)blog, je fais (en partie) ce que je veux. 

Alors voilà, c'est dans l'air du temps, comme la barbe, les écoles Montessori et les constructions en palettes, et vous vous demandez si vous n'allez pas devenir végétarien (ou mieux : végétalien, soyons fous). Bravo, vous allez faire le choix de mettre plus de bienveillance dans vos assiettes mais soyez prévenus : vous allez faire partie d'une catégorie de personnes à part, ce qui aura pour conséquence de vous infliger des réactions de la part de vos congénères - ad vitam. 
On ne vous déclasse pas du genre humain mais visiblement vous ne serez plus le même humain que votre voisin.
Morceaux choisis.

Dans les conversations:

1- "Mais comment tu es devenue végétarienne ?"
Ça en général, c'est dit gentillement, même très gentillement parce que la personne ne voudrait surtout pas donner l'impression qu'elle vous juge, non c'est juste par curiosité.
Comment vous êtes devenu enseignant, avocat, catholique, pastafarien, accroc à facebook ou adepte du judo tout le monde s'en fout mais comment des gens peuvent devenir végétariens est une question qui taraude nombre de personnes.
Le fait que ce choix puisse découler d'un parcours de vie complexe qui englobe plusieurs facteurs et prises de conscience ne semble pas être envisagé.
Une astuce : pensez à écrire votre biographie et à l'avoir avec vous au cas où.

1-bis "Mais pourquoi tu es devenue végétarienne ?"
C'est moins souvent posé. Les gens en demandant "comment" espèrent souvent savoir "pourquoi". 
Un conseil : ne répondez pas que c'est parce que l'industrie agro alimentaire impose des conditions de reproduction, de vie, de nutrition et de décès absolument ignobles aux animaux, quelqu'un risque de rigoler. Répondez plutôt que vous ne souhaitez pas participer à affamer des populations entières et alimenter le problème de la faim dans le monde tout en augmentant les monocultures et la déforestation ; celle-là en général, ils ne s'y attendent pas. 

2  - Tu n'as pas peur d'avoir des carences ?
Elle est facile celle-là mais vous n'y couperez pas. 
1515---> Marignan - Végétarien ---> carences.
Une fois j'ai répondu à une collègue: " Ben je sais pas et toi, tu n'as pas peur d'augmenter ton cholestérol, ton diabète, ton risque de maladie cardio vasculaire et la possibilité de manger autre chose que ce que tu croyais que c'était ?". Elle a pas compris....

3 -Mais alors tu manges QUOI ????
.............................................."Tout le reste"

3-bis "Oui mais quoi par exemple ?"
C'est officiel, il doit y avoir dans ce pays des personnes qui n'ont dans leur cuisine QUE des produits carnés...

4 - "Mais tes enfants ils mangent de la viande( -quand même) ?"
(En l’occurrence les miens oui).
Ma fille a reçu toute l'année scolaire lors des anniversaires de ses camarades de classe des sachets gonflés de bonbons industriels bourrés de sucre, de conservateurs et de colorants dégueulasses sans que ça ne gêne personne, même pas l'instit' mais je prouve que je suis une bonne mère en imposant pas mes bizarreries végétariennes à mes enfants.

5 - Les végétariens sont des gens tristes.
Ça on ne vous le dira pas en face (mais à la radio, oui) mais si on ne vous le dit pas parfois on vous le fait bien sentir.  
C'est un fait, pour certains, manger sans complexe un poulet qu'on a enfermé dans une cage toute sa vie avant de l'attacher vivant par les pattes à un rail suspendu où sa tête sera découpée par deux scies rotatives avant qu'il ne soit découpé à la chaine est LA garantie d'être un bon vivant.  

PS : De manière générale, dans 50% des cas, le mot végétarien provoque un changement d'attitude vis à vis de la personne en face de vous. Vous êtes la même personne qu'avant d'avoir prononcé ce mot, votre interlocuteur n'avait aucun ressentiment ni a priori sur vous... Mais ça c'était avant. 
Tout à coup vous êtes devenu noir(e) devant un raciste. Au moins les noirs savent à quoi s'en tenir dès le départ... Le végétar/lisme c'est une exclusion à retardement. (et alors si vous êtes noir(e) ET végé....)

6 - La personne qui part du principe que vous allez lui faire la morale.
Il y a ceux qui quand vous leur dites "je suis végétar/lien" entendent "espèce de sale bouffeur de cadavre, je te méprise"
deux options :
Il y a ceux qui se mettent à se justifier et à vous expliquer par le menu pourquoi ils ne sont pas végé alors que vous n'avez rien demandé. Est-ce que ces mêmes personnes expliquent à un musulman pourquoi ils ne pratiquent pas l'islam ou à un tatoué pourquoi ils n'ont pas de tatouages ?? Je ne sais pas.
Il y a ceux qui prennent un ton super hautain voir "véner" pour t'expliquer longuement à quel point les végétar/liens sont des gens chiants (et tristes !) parce que merde, si on peut plus manger ce qu'on veut où on va et puis c'est bon quoi "sauver les petits animaux" ça va et que c'est juste une mode de bobo... sans que vous ayez ouvert la bouche pour dire quoi que ce soit.
Mais n'en doutez pas c'est vous qui êtes intolérant.

Lors d'un repas

7- "Non ne prends pas ce plat, il est pour Hëlëne, elle ne mange que ça !"
Voilà et il n'est QUE pour vous, on sait jamais, le végétarisme ça peut être contagieux : mangeurs de viandes prenez garde, ne mangez surtout pas végétarien ! On ne mélange pas les torchons et les serviettes : être végé lors d'un repas d'omni c'est s’asseoir sur le concept de partage et de découverte.

8 -L’hôte qui s'enquiert pendant tout le repas pour savoir si ce qu'il vous a fait ça va ? 
Il/elle s'en fout de savoir si sa blanquette de veau est réussie et appréciée par tous les convives. Qu'il y en ait qui n'aiment pas le veau ou qui laissent leur branches de céleri au bord de l'assiette, c'est pas grave. Mais il VEUT absolument savoir si la salade de quinoa qu'on a fait EXPRES pour vous rentre dans vos (putains de) critères culinaires.

Option bonus : l'hôte qui passe tout le repas à vous expliquer qu'il/elle angoissait totalement pour savoir ce qu'il/elle allait vous faire parce qu'il/elle ne savait pas et qu'il/elle a cherché longtemps une recette et qu'il/elle veut être sûr(e) que ça vous va parce que..... (parce que c'est pas qu'il/elle s'inquiète de votre bien-être mais il/elle ne voudrait pas s'être fait chier pour rien avec vos lubies d'em***deuse.... mais ça c'est à lire entre les lignes).
Et dire que vous aviez peur d'être mal à l'aise.

9- Le moment où votre grand/belle-mère apprend que vous ne mangez pas NON PLUS de poisson.
Un monde s'écroule. 
Désarroi total.
Vous allez vous sentir coupables pendant des mois.
Soyez prévenus.

10-L'hôte qui vous fait sentir que vraiment vous êtes chiant.
"T'as laissé tes gésiers ?"
"Je ne mange pas de viande tonton (depuis 5 ans)"
"Ah putain c'est vrai [SOUPIR] !"
#headshot

"moi aussi je t'aime tonton...."

10 bis - les gens qui ne se rappellent jamais, pendant des années, que vous êtes végé.
Ils espèrent peut-être secrètement que ça vous passera....
Vous espérez aussi secrètement que ça leur passera....

11- (un des pires je trouve) Le moment où vous réalisez que vous n'avez pas prévenu vos hôtes que vous ne mangez pas d'animaux (ou de produits animaliers). 
Dire "je suis végétarien" dans ces moments ressemble parfois à avoir à annoncer qu'on est séropositif. Ça ne devrait pas être un problème mais ça VA l'être - Ooooh oui ! (les gays doivent savoir de quoi je parle). 
Vous veniez juste manger chez vos nouveaux voisins, vous passez à table, ça sent le boeuf et là vous réalisez que meeeerde.... vous avez oublié de prévenir. Parce qu'on risque de vous le reprocher :"Mais pourquoi tu me l'as pas dit ? " Vous aviez pensé que vous étiez juste une personne invitée à passer un bon moment chez quelqu'un d'autre... Vous avez oublié.... Bêtement... Mais voilà le moment où de personne vous devenez végétar/lien.
Parfois on en vient à se demander pourquoi on a élargi le cercle de nos connaissances pour avoir à en repasser par cette étape, qui nous renvoie du coup aux numéros 1 et 2 etc. 

Parce que oui, le plus dur c'est qu'à chaque nouvelle connaissance, potentiellement, ça recommence.


Qu'il me soit permis de finir ce billet en beauté par une note de poésie et de glamour d'une classe haut de gamme.
Végé, non végé, à bas les différences ! 
A table, on diverge, on se critique, on se juge
Mais on fini tous au même endroit à faire la même chose.


Ce billet a été écrit à des fins et sur un ton purement humoristique. L'auteure décline toute responsabilité si le lecteur se retrouve dans une quelconque attitude mentionnée ci-dessus, elle serait fortuite (....ou pas). En cas de picage au vif malgré le ton ouvertement ironique du texte, merci de faire 7 fois le tour de votre cerveau avant de venir déverser votre rage et votre ressentissement sur les commentaires de l'auteur. Nous déclinons toute responsabilité d'atteinte à votre karma. C'est le votre, deal with it.