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mardi 6 décembre 2016

Slow life - slow web.

Une lectrice m'a très gentillement écrit pour s'inquiéter du silence radio qui règne ici.
J'ai pensé que si ça ne perturbe pas la vie de milliers de lecteurs, ça valait peut-être la peine d'en toucher un petit mot collectif.
Charlie et moi avons quelques articles dans les cartons. On cherche aussi à proposer un autre format d'article. Bref, ça devrait re-bouger ici dans quelques temps.

Après pour ma part, je sors d'une période où les enfants et moi avons enchainé les maladies, couplée à une période assez difficile au travail, qui m'oblige d'ailleurs à faire des heures supplémentaires en nombre.

Tout cela m'a tenue assez éloignée des écrans (à la maison du moins....), que ce soit pour mon blog ou celui des autres et je dois bien avouer que .... Ça ma fait beaucoup de bien.
Certes, le net est une mine d'information mais je dois dire que je sature un peu.

Tel le yin et le yang, la maladie apporte son lot de bonnes choses : elle force à se poser, et comme l'énergie se fait rare et ne peut être gaspillée, elle force à revenir à l'essentiel.
Pour moi cela m'a permis de me recentrer sur ma famille et, en marge de tout ce qu'on peut lire à droite et à gauche, de réorienter mon regard sur nous, ceux que nous sommes, comment nous vivons, de quoi nous avons besoin, où nous allons. En marge de toutes influence.

En fait, je sens que la déconnexion amorcée cet été me suit. Ce n'était pas une pause, mais une étape, une étape vers un chemin que j'ai emprunté et que je dois suivre pour un temps.
Un chemin loin de l'écran.
Je le sens, j'ai soif de rencontres, de concret, d'avancer vraiment.
J'ai fait de belles rencontres via ce blog mais aujourd'hui j'ai envie de crever l'écran, d'aller voir, de faire. Pas de passer des plombes devant un ordinateur ou le téléphone à la main.

Je ne vous servirai pas de grands discours du style "Adieu monde numérique", je ne vais pas disparaitre de la circulation et puis, j'ai une fâcheuse tendance quand j'annonce un truc, de vouloir faire le contraire dans la foulée. Simplement oui, le rythme risque de ralentir ici. Et dans un sens, je me dis que c'est pas plus mal.
De toutes façons les blogs de mamans fleurissent et ne manquent pas, je ne me fais pas de souci, il y a un tas de choses à lire ailleurs en attendant. Et ma foi si ce sont nos mots à nous qui vous manquent alors déjà merci, et puis envoyez nous un message, prenons rendez-vous pour boire un thé, découvrir votre région, s'échanger nos mails et bavarder autrement. 
 

En passant, j'ai passé beaucoup de temps le nez plongé dans le livre "Danse avec les loups" de Mickael Blake et j'en conseille vivement la lecture. Dans ma vie il est arrivé à un moment clef, ce genre de moment magique où, en allant fureter dans la boite à livre du village vous n'imaginez pas que le livre que vous venez de déloger en disant : "Ah tiens, pourquoi pas ?" est une rencontre qui tombe à point nommé. Alors peut-être qu'il m'a happé plus que de raisons mais voilà, il m'a suffisamment touchée pour que j'ai envie de le conseiller à d'autres.

 

mardi 15 novembre 2016

Maternage et féminisme

Arrivée à l'âge adulte, je me suis posée la question de savoir si je voulais réellement être maman. Pourquoi avoir des enfants ? Et je dois dire que, vu de loin, la vie de maman, ça ne me parlait pas. Je suis une femme pour le moins active, qui aime l'art, la littérature, les voyages, aller en concert, en festivals, les jeux vidéos, faire du bénévolat, apprendre des langues étrangères, apprendre tout un tas d'autres trucs, bref : manger la vie à pleines dents. Et j'avais l'impression que la vie de maman c'était tout sauf ça : que c'était couches, popote, jeux simplistes, routine, « casaniérisme »*, abnégation, énervement, oubli de soi.
*(si quelqu'un me trouve un substantif valable pour casanier, je suis preneuse)

Et si j'avais dit "Arrêtes ! sinon"...‏

oublié initialement le 20/10/14

J'aimerais partager avec vous une anecdote qui m'est arrivée hier avec Minimog tant je la trouve pleine de sens.

L'Enfant, de Maria Montessori

On peut, techniquement appliquer de façon indépendante, des éléments de la pédagogie montessorienne sans jamais avoir lu un ouvrage écrit de la main de Maria Montessori elle-même, simplement en se basant sur des livres ou des blogs qui donnent des idées en ce sens.

Mais ce serait dommage. Ce serait à mon sens, passer à côté de l'une des plus belles plumes qui ait jamais écrit sur l'enfant. .

Signer avec les bébés.

Un des plus gros handicaps auxquels on se heurte avec un bébé, c'est bien celui de la communication. Vous parlez, lui non.
Au début, c'est précisément ce qui rend si particulière et si intense la relation au nourrisson : en l'absence de langage verbal, toutes les autres formes de communication, plus « primitives », prennent une intensité sans précédent. Un regard, un geste, une odeur, tout votre corps est ouvert à la perception des signes que vous envoie votre enfant et qui vous permet d'échanger des sentiments simples mais essentiels : l'amour, la tendresse, l'amour, l'affection, l'amour et encore l'amour.

Oui mais voilà, il arrive un moment où l'enfant qui a grandit commence à prendre conscience de son environnement, amorce un début de vie sociale et où la vie intellectuelle s'installe pour de bon. Et là il se passe un truc très, très embêtant : votre enfant se met à penser des choses qu'il n'est pas en mesure d'exprimer (correctement) par le langage. A partir de là s'installe une période compliquée de la vie des parents où l'on envisage de prendre des cours de nahuatl ou de coréen parce que ce qui sort de la bouche de votre enfant y ressemble plus qu'à du français.

Bon, ça reste drôle, voire touchant, pendant un temps ces gazouillis charabiesques.... Jusqu'au moment où c'est une source répétitive de larmes, de pleurs, d'énervement, de frustration et d'incompréhension.
Nous vivons dans un monde compliqué, la communication devient alors compliquée.

Or, il y a quelque part (aux Etats Unis je crois, pour changer ^_^) des gens qui ont eu l'idée d'utiliser les signes du langage pour malentendant avec des bébés. Il ne s'agit pas d'apprendre aux enfants la langue des signes dans toute sa complexité mais d'isoler des mots clés que l'enfant pourra signer pour se faire comprendre. Parce que pendant longtemps, un bébé saura mieux se servir de ses mains que de sa langue pour communiquer.

Je l'ai fait avec ma fille, et je peux vous dire que c'est génial.
Ce qu'on aime :
- Le mélange des signes et des prémisses de langage parlé facilite grandement la compréhension entre le parent et l'enfant.
- La communication est même me semble-t-il accrue car l'enfant exprime du coup plus de choses que ce que le langage verbal seul lui permet.
- Cela diminue en nombre et en intensité les crises qui peuvent naître de l'incompréhension.
- C'est très ludique, l'apprentissage se fait aussi par des chansons ou des comptines signées qui plaisent beaucoup à ma fille.
- Le langage signé permet aussi plus tard à l'enfant de s'exprimer dans des endroits où la discrétion est de mise. Ainsi l'enfant n'est pas réduit au silence et en même temps il ne créé pas de gêne.
- C'est un langage qui incite à la proximité car l'enfant devant vous voir, vous êtes incité à vous mettre à sa hauteur, à communiquer pleinement avec lui ; ce qui est bénéfique pour votre communication en général.
- Plus tard, dans une fratrie, c'est un beau moyen de communication entre frères et sœurs également, les grands aussi prenant du plaisir à utiliser ce moyen de communication. 
- C'est toujours quelques mots de LSF d'acquis qui vous permettront de communiquer avec des malentendants. Ça me fait toujours plaisir de pouvoir signer quelques mots avec une personne sourde, de pouvoir faire un pas vers elle, même si c'est juste une caissière au supermarché.  
- Ça peut servir à communiquer entre parents si on ne s'entend pas où s'il vaut mieux éviter de prononcer un mot en présence de l'enfant ;-) (à condition qu'il ne vous regarde pas).
- Et qui sait si ça ne deviendra pas sera notre / leur code secret ?;-)

De manière générale, nous avons tendance à nous focaliser sur l'utilisation du cerveau, alors que l'enfant a pendant longtemps besoin d'utiliser son corps en entier : son apprentissage cognitif passant beaucoup par l'expérience sensi-motrice (comprenez : son cerveau enregistre ce qu'il expérimente réellement avec son corps. Il a besoin de toucher, d'entendre, de sentir, de ressentir) – c'est une des bases de la pédagogie montessorienne par exemple. C'est pourquoi ce mode de communication est vraiment parfait pour l'éveil des bébés.

Certaines personnes, qui en général n'y connaissent rien et ne savaient même pas que cette méthode existait avant que vous n'en parliez, prétendent que cela retarde le langage parlé de l'enfant mais c'est faux. D'une part car vous nommez ce que vous signez, il est même conseillé quand c'est possible de faire concorder le rythme du mot avec celui du signe (par exemple, « travail » ou « papa » se signent en deux temps qui correspondent aux deux temps des mots : « tra-vail » - « pa-pa »). Ensuite parce qu'il est prouvé que ce sont les mêmes parties du cerveau qui travaillent pour les deux langages, sauf que là elles travaillent plus.

Il peut falloir s'armer de patience. J'ai pour ma part, mis 7 (looongs) mois avant de voir poindre le premier signe chez ma fille. Une longue traversée du désert pendant laquelle j'ai essuyé des regards d'incompréhension ou de moqueries, sans voir un autre résultat que le plaisir évident que prenait ma fille lors des chansons signées.
Sur cette base, et sachant que le langage signé est bénéfique à l'enfant même s'il ne signe pas en retour, j'ai fini par continuer sans plus attendre de résultat, en me disant qu'au pire je m’entraînais pour un futur bébé 2. Et puis un jour, alors que je n'y croyais plus, le premier signe est apparu, puis un autre, puis nous avons fait des ateliers et là se fut l'explosion avec deux nouveaux signes par semaine environ. Aujourd'hui, quand je constate au quotidien avec quelle facilité nous communiquons avec notre fille de 19 mois, je me dis que ça valait le coup. 
…. Et bien sûr maintenant tout le monde trouve ça super. ^_^**
(La plupart des enfants signent bien avant heureusement.)
Et honnêtement, je fus bien plus bouleversée par le premier signe que par le premier mot de ma fille. D'ailleurs je ne sais pas exactement ce que fut son premier mot (difficile à cerner n'est-ce pas?), mais son premier signe, et même son deuxième, je m'en souviendrais toute ma vie.

Il existe des livres pour apprendre les signes aux bébés et quelques vidéos sur le net. Certains utilisent des signes inventés pour les bébés et d'autres de vrais signes pour malentendants (ce fut notre cas, tant qu'à faire). Mais je ne saurais que trop vous conseiller de suivre des ateliers si vous avez la chance d'en avoir pas trop loin de chez vous. En plus de l'ambiance conviviale et de l'émulation, vous y trouverez des réponses à vos questions et à vos doutes, vous serez sûr(e)s d'apprendre les bons signes et vous aurez plein d'idées de chansons, jeux, comptines, à faire à la maison. 

Néanmoins je profite de cet article pour vous conseiller la lecture de Bébé s'exprime par signes, co-écrit par Anaïs Galon (la maman de Montessori mais pas que) et Christine Nougarolles. Il est vraiment très complet, très bien fait et extrêmement intéressant sur la communication avec les bébés en général.



Ici, le site de l'association Signe avec moi qui forme des animateurs/trices à travers la France :




Enjoy Signin' ! ;-)

dimanche 6 novembre 2016

Diversification autonome et consciente

Une appellation bien compliquée mais tellement poétique. Conscience et autonomie, ne sont-ce pas là deux magnifiques concepts, et que l'on attribue si peu aux bébés ?
C'est pourtant bien de cela dont il s'agit ici, et pas pour rien : pour la nourriture.

samedi 5 novembre 2016

Mais euh ! Ca marche pas ! - Les "échecs"

Je ne fais pourtant de tort à personne,
en suivant mon ch'min de petit bonhomme
Mais les braves gens n'aiment pas que
l'on suive une autre route qu'eux
non les braves gens n'aiment pas que
l'on suive une autre route qu'eux

La mauvaise réputation, Georges Brassens



Parce que, je suis la première à crier haut et fort en mes terres bloguesques qu'il faut relativiser toutes ces histoires de pédagogies alternatives, et ne pas s'alarmer à chaque soit disant échec ; mais bien sûr, je suis la première à faire cette erreur.
Pire que tout, le jour même où je finissais d'écrire mon article, j'ai fait exactement le contraire de ce que je disais. 
M'est alors venue l'idée de partager avec vous l'anecdote qui en a suivi, parce que parfois un exemple parle mieux qu'un monceau d'explications. 


Donc, je souhaitais proposer à Minimog une activité "transvasement à la pipette". 
Non pas parce que ça rentre dans un programme de progression savamment étudié, huhuhu. Non, simplement parce qu'elle est fascinée par sa pipette à médicament. Pipette qui est aussi un instrument de torture parce qu'à son âge, c'est le dernier recours pour la forcer à prendre un médicament qu'elle refuse ; je me suis donc dit qu'en utilisant une pipette (une autre, en l’occurrence, plus petite et moins dure), elle pourrait se familiariser avec pour qu'on ait plus vraiment à la forcer ou mieux, qu'elle puisse l'utiliser seule. Bref, tout ça partait d'une bonne intention hein ? 

J'arrive avec mon plateau de transvasement à la pipette trèèèès montessorien, et bien sûr le programme est clair : je commence mon explication, elle m'observe attentivement puis je lui propose de faire de même et quand elle met des gouttes à côté elle essuie et ensuite on range tout à la fin. 
Et bien sûr c'est devenu : pas le temps de montrer, elle m'arrache la pipette des mains, elle essaye seule, n'importe comment, me demande de l'aide et me la refuse quand j'esquisse un geste, finit par transvaser à la main, met des gouttes partout et bien sûr ne nettoie rien. 
Résultat je me suis énervée-calmement (c'est une oxymore oui), j'ai retiré l'activité en disant que ce n'était pas ça qu'il fallait faire et que puisqu'elle n'y arrivait pas pour l'instant, on la ferait plus tard. Et elle a fondu en larmes en réclamant l'activité....  
 
Et là, en rangeant, la colère est retombée et je me suis sentie ridicule. 

Si je n'ai pas pu finir ma démonstration, c'est que ma fille voulait explorer l'engin par elle-même, et apprendre son fonctionnement par elle-même. Si elle ne me laissait pas l'aider, qu'elle voulait que "j'ouvre" la pipette, ce que moi je m'évertuais à faire dans l'eau et ce qu'elle ne voulait pas. A bien y réfléchir, c'était surement pour apprendre le mécanisme de l'objet en lui-même et maitriser le geste avant de l'utiliser à « bon escient ». 
Et moi j'ai ruiné tout ça, tout son intérêt manifeste, et lui laissant comprendre qu'elle était incapable, juste parce qu'une activité Montessori, ça ne se déroule pas comme ça. Naze, naze et re-naze. J'ai vendu « l'esprit Montessori » à la « méthode Montessori ». 

Et puis cette méthode avec ma fille, ça marche rarement. Ce n'est pas comme ça qu'elle apprend : pas en regardant sagement et en répétant les gestes posément. Elle fonce, bidouille, teste, s'acharne - ou pas, puis laisse tomber, puis revient dessus (parfois loooongtemps après) et là miracle : elle maitrise d'une traite ou en tous cas elle a compris le truc.
Alors pourquoi, pourquoi m'acharner à vouloir qu'elle suive UN chemin qui n'est pas le sien ? Qui n'est même pas le mien en plus ! Moi non plus je ne fais jamais exactement ce qu'on attend de moi. 
"Votre fille est intelligente madame, ça ne fait aucun doute, je n'ai aucune inquiétude sur son avenir. Mais elle a une fâcheuse tendance à souvent sortir des sentiers battus. Moi je m'en fiche, ce qu'elle produit est de qualité, mais ça ne plaira pas à tout le monde." Mon prof principal à ma mère concernant mon passage au lycée.
15 ans plus tard, j'ai la même en face de moi, et c'est moi qui joue le rôle du prof psycho-rigide à qui ça ne plait pas. Quelle ironie ! 
Pourquoi m'obnubiler sur un résultat attendu alors même que je ne savais pas du tout si elle serait en mesure de réaliser l'activité en entier ? Alors même que je sais que le chemin vaut tout autant que le résultat ?

Bon, une erreur ça arrive à tout le monde, réparons. 
Le lendemain, j'ai repris mon plateau : "Ma chérie, hier je t'ai proposé cette activité. Ça ne s'est pas bien passé parce que je ne t'ai pas laisser faire comme tu le voulais. J'ai compris mon erreur. Veux-tu que l'on réessaye ?". Oui.
J'ai donc commencé en disant : "Veux-tu que je te montre ?". Non - ça, c'est fait
Premier geste, elle dégage la pipette et transvase avec les récipients. Je ravale le "mééééé'enfincépalebuteuh, satuséfer !", je laisse faire et j'observe. Et j'observe.... Et la lumière fut. Ah ben oui, les récipients que j'ai proposé sont différents de ceux que je propose habituellement. Elle n'a jamais versé avec ce type de récipient. Minimog 1 - maman - 0
Au bout de 2/3 fois elle se rend compte que ça, elle maitrise - ouf ! . Bon, voyons donc cette pipette. Premier essai : elle plonge dans l'eau et passe au récipient vide. Évidemment, rien ne se passe. Rebelote : rien. 
Bon, elle essaye "d'ouvrir", n'y arrive pas, me demande d'ouvrir, "j'ouvre", elle plonge dans l'eau et passe à l'autre récipient, rien. 
J'attends un peu, et là je ne peux pas m'empêcher de lui dire "il faut que tu ouvres dans l'eau si tu veux que ça fonctionne. Tu veux que je te montre ? ". Elle est d'accord. Je lui montre, elle observe, prend la pipette, la regarde..... La repose et quitte l'activité. 

Le résultat attendu de l'activité n'est pas atteint.
Le déroulement n'était pas celui qu'il aurait du être. 
C'est un échec ça ? 
Non.

Quelle merveilleuse activité nous avons eu là ! Quelle fierté de voir ma fille prendre son apprentissage en main, découvrir posément, progressivement, chaque élément de l'activité, dans un ordre de progression logique, essayer, déduire, avancer, et décider par elle-même du stade où elle doit s'arrêter. 
Et dire qu'hier j'étais déçue !!!!

J'ai encore mieux compris comment ma fille fonctionne. Et je sais à présent pourquoi la première fois que je lui ai proposé une activité de mise en paire elle a mis la peluche vache sur l'image vache, m'a regardé avec un air blasé et est partie. Je sais pourquoi elle ne me laisse jamais montrer avant mais toujours après. Je sais pourquoi mes plateaux pourrissent pendant un temps fou sur des étagère avant que soudain elle les reprenne et les fassent au poil.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que je lis (trop) souvent. "Mon fils ne fait pas ça", "ma fille n'y arrive pas, "je suis déçue ça ne marche pas", "mes essais sont des échecs", "il/elle ne fait jamais ce qu'il faut". Ou plutôt "on" : "on y arrive pas". Comme si la méthode Montessori était une perfection que vous et votre enfant n'arrivez pas à atteindre.
Ne faites pas la même erreur que moi. La base, c'est pas la méthode, c'est votre enfant. 
Ne vous focalisez pas sur ce qui n'arrive pas mais sur ce qui arrive. 
Il n'y a pas d"échec, il n'y a que des étapes. 

Pour Minimog, il s'est passé exactement la même chose lors des deux séances d’activé. Elle a suivi strictement le même cheminement, fait les mêmes gestes, presque dans le même ordre. Ce qui a changé l'échec en réussite, ce n'est pas elle. C'est moi. C'est mon regard, mon comportement, mes attentes. 

Ma chérie, ma puce, mon trésor, tu es merveilleuse. Tu passes ton temps à déglinguer tous les chemins que je trace pour toi, et tu as raison. 
Je suis fière de toi mon ange. Fière que tu suives ta propre voie, ton propre cheminement. Fière de ce que j'observe quand je lâche ta main pour te laisser aller à ta guise. 
Je crois t'apprendre la vie et c'est toi qui me fait la leçon : il n'y de bon chemin que celui que l'on se choisit.  

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon, il n'y a que le chemin que prend votre enfant, qui n'appartient qu'à lui. 



PS : depuis cette scène, la pipette a été réutilisée pour soigner bébé qui était malade (puis Minimog et maman, tant qu'à faire) et depuis, elle est réutilisée presque tous les jours pour soigner un membre de la famille et ce faisant, Minimog commence à acquérir la capacité d' "ouvrir" et de "fermer" sa pipette. Et je ne serais pas surprise que quand elle s'estimera à même de pouvoir le faire correctement, elle me réclame à nouveau l'activité avec l'eau. ;-)