Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

lundi 26 septembre 2016

Notre dernier bébé

Mais où étions nous pendant tout ce temps ???

Occupées à vivre nos vies oui. Mais pas seulement.
Sur l'impulsion de Charlie nous avons créé notre page facebook pour partager nos coups de cœur littéraires, musicaux et vidéos.

Alors oui, c'est une page facebook, désolée pour les non facebookiens mais c'était à nos yeux la meilleure présentation qui soit. nous avons créé des albums thématiques et à l'intérieur, les photos vous aident à trouver l'ouvrage qui vous inspire. Sans compter que facebook fait une très bonne newsletter pour les mises à jour.

Elle n'est pas terminée (et ne le sera sans doute jamais). C'est un boulot de titan je dois dire, puisqu'à peine un ouvrage est mentionné que 150 autres nous viennent à l'esprit. Et mine de rien cela prend du temps (au moins au début). Donc nous sollicitons votre indulgence.

Mais si vous voulez y faire un tour, c'est par ici :


Bien évidemment, vous êtes cordialement invitée à partager aussi vos avis et coups de coeur. Rien n'est à sens unique.

jeudi 15 septembre 2016

Youpi, c'est la rentrée !

Depuis que je côtoie le milieu de la "bienveillance parentale" j'assiste à un phénomène assez rigolo à la rentrée : le décalage entre les sco et les non-sco. 
Pour les familles sco quand on parle de rentrée les sujets tournent souvent autour des horaires de fous, de la fatigue des gamins, de la course au matériel ou de la paperasse, des pleurs des enfants. Pendant que les non-sco viennent nous narguer avec leur non-rentrée : "Joyeuse rentrée à tous... Ah au fait, nous on rentre PAS !.... On va aller se promener avec nos enfants.... qui sont heureux... Ahahah, vive l'IEF !". 

Si je schématise (à peine), ça donne ça :
  


Et ben cette année, pas pour nous ! Na! 
Je regarde les non-rentrées des autres mamans et pour une fois, je me réjouis pour elles et leurs enfants sans pour autant les envier.
Celles qui me suivent le savent : j'ai l'habitude de taper sur l'Education Nationale assez souvent. Mais pour une fois je vais chanter les louanges d'une école : celle de ma fille.
Parce que quand ça se passe bien, il faut le dire aussi non ? 

Et bien pour nous la rentrée fut joyeuse, heureuse, et nous avons trouvé un équilibre familial dans cette vie qui fait du bien à tout le monde.
Déjà, l'acquisition de notre première vraie routine familiale est un vrai pas en avant.
Et puis suite à ma pause introspective de cet été, j'avais décidé de que cette année, je mettrais Minimog à l'école seulement trois jours par semaine : les jours où je travaille, les lundis, mardis et jeudis. Vu qu'elle y va les après-midi, il me semblait impensable au vu de sa fatigue de l'an dernier de la mettre toute la semaine, au moins en début d'année. Pour moi c'était aussi un peu un test pour voir comment ça se passerait avec les enfants dans une optique, qui sait un jour, de passer la frontière du non-sco.
J'ai très vite réalisé que si j'étais très heureuse de passer enfin plus de journées avec mes enfants qu'au travail et de n'obliger personne à se lever aux aurores plus de trois jours par semaine, j'ai réalisé aussi à quel point ça me faisait du bien de ne pas être à 100% à la maison avec mes loustics. Enfin surtout avec Minimog avec qui c'est assez tendu ces dernières semaines et qui est finalement beaucoup plus accaparante que son frère. 
Mine de rien, même si mon travail ne m'intéresse toujours pas (je ne sais même pas comment je fais pour passer 7h36 par jour à faire aussi assidument, quelque chose qui m’intéresse si peu), j'apprécie tous ces à-côtés : côtoyer d'autres adultes et tout ce qui en découle, participer aux finances de la famille (ben oui, j'apprécie), ne pas avoir à passer mes journées à gérer des conflits qui tournent autour du rangement des jouets et du passage à table. 
(Et soit dit en passant, si je ne travaillais pas, je ne bloguerais pas !)  
ET je trouve qu'il est bénéfique aussi à mes enfants de ne pas passer tout leur temps avec moi.

Et puis ce qui a achevé de me faire positiver sur notre situation c'est la réunion de rentrée à laquelle j'ai pu assister sans enfant. 

L'école compte deux classes pour trois niveaux, du coup les maitresses se partagent les moyens, et du coup en fait, elle se partagent les élèves. Si bien que les croisements entre enfants ne sont pas rares et qu'au final, les enfants sont confiés à une équipe pédagogique globale qui les suivra pendant 3 ans. 
Et, fait important : les deux maitresses travaillent ENSEMBLE. Et quand je dis ensemble je veux dire que si elles ont chacune leurs spécificités, elles vont dans la même direction. Je trouve ça primordial. Du coup chez nous pas de : "cette année il est avec la maitresse des moyens, elle est super, mais le maitre des petits l'an dernier.... quelle horreur!". Pas de changements de méthode, de pédagogie, d'attentes, de valeurs. 

Pour résumer une journée type : le matin les enfants font des activités "Montessori". Alors n'imaginez pas qu'il y a tout un tas de matériel disposé dans de belles étagères sur des plateaux. Je ne sais même pas en quoi consiste exactement les activités -qui sont rangées dans des tiroirs, d'où leur petits noms "d'activité tiroirs"- je pense qu'on est plus dans l'esprit Montessori que dans l’application pure de son programme. D'ailleurs, je doute que les maitresses aient suivi une formation sur cette pédagogie et entendre la maitresse l'expliquer au parents me fait toujours sourire ("Ça s'appelle Montessori... C'est comme ça".... Mouais ^_^).
Mais vraiment je m'en fous, l'esprit est là.
Par contre la maitresse ne veut pas se restreindre à ne faire que du Montessori et en cela je lui donne carrément raison. Par contre c'est sur la raison qu'on se rejoint moins. La maitresse reproche à la pédagogie Montessori de ne pas permettre aux enfants de se confronter entre eux, alors que notre monde est fait aussi de confrontation. Je.... n'aurais pas la même approche. Mais cette digression mise à part, du coup j'approuve le fait que l'après midi, d'autres méthodes soient appliquées pour la techno, les arts, l'espace et .... je ne sais plus quelle matière. 
   
Entendre la maitresse parler de son projet pédagogique, c'est du miel à mes oreilles.
Morceaux choisis :
" [à propos des activités tiroirs] ainsi les enfants peuvent faire et refaire et refaire une activité autant qu'ils en ont envie. Ils avancent à leur rythme et selon leur besoin, c'est très important. Tous les enfants ne s’intéressent pas aux mêmes choses au même moment"
"ils choisissent leurs activités. Alors desfois ils n'ont envie de rien faire, ils ne savent pas quoi prendre... C'est pas grave. [...] En gros nous devons "vendre" notre activité. si ce n'est pas intéressant, ils ne viendront pas. "
 [sur la sécurité en salle d’activité]"On ne sécurise pas tout. En fait il y a tellement de risques que les enfants ne prennent pas de risques. Alors ça se passe très bien"
 "[sur la question de l'évaluation - en dessinant un bonhomme sourire et un bonhomme pas content] mais qui n'est pas content ? eux ou nous? Les enfants sont contents eux, ils construisent quelque chose. Si l'enfant n'est pas content, c'est moi qui doit me remettre en question, c'est moi qui ait mal fait mon travail."
"nous ne pratiquons que l'évaluation positive parce qu'il n' y a pas de négatif : ils ne font qu'apprendre." 
"On est contentes des nouveaux programmes. Avant on ne nous donnait que des fiches à faire, mais c'est en manipulant que les enfants apprennent".
"[à propos de la chaise de réflexion] si un enfant dépasse les bornes ou fait quelque chose d’inacceptable, il est mis sur la chaise pour réfléchir à ce qu'il a fait et ne peut en sortir que s'il a pu prouver qu'il a réfléchi. Quand les enfants vous disent qu'ils ont été "punis" c'est qu'ils ont été sur la chaise. Après ils font des "bêtises"... Ce sont des enfants, c'est normal. Nous aussi on en a fait". (chose que j'apprécie énormément - les problèmes de l'école appartiennent à l'école! Ma fille ne rentre pas à la maison avec le bilan de ses "bonnes" ou "mauvaises" actions de la journée. Merci !)
"On nous demande de faire du soutien avec les enfants. Mais comme souvent, on est pas d'accord. Pour nous le soutien il se fait en classe, si un enfant a des difficultés c'est toute la journée pendant le temps de classe qu'on doit l'aider à les résoudre."

Je lui demande aussi pourquoi elle a accepté sans broncher que je mette ma fille à temps partiel à l'école alors que j'ai appris récemment que nous avions une obligation d'assiduité.
"Parce qu'elle n'en a pas besoin". La maitresse m'explique que l'an dernier une maman faisait comme moi mais qu'elle lui avait fait la remarque parce que "la place [de son fils] était à l'école" et que si elle voyait un souci du même genre avec Minimog elle m'en parlerait.

Et ma préférée :
"ON S'ADAPTE".
Cette phrase là, elle vaut son pesant d'or et elle dit beaucoup. Le discours habituel est de dire que c'est aux enfants de s'adapter au système, pas au système de s'adapter à eux. 
Mais ma fille a la chance de fréquenter une école où on envisage l'école comme un lieu au service des enfant, de leur épanouissement, et qu'il n'y a aucun sens à vouloir les faire courir après un programme ou rentrer dans un moule qui est conçu sur la base d'un enfant moyen qui n'existe pas.

Sérieusement, qu'est-ce que je pourrais demander de plus ? Quelle raison aurais-je de ne pas vouloir confier ma progéniture à des personnes comme ça pour que l'on travaille main dans la main à sa construction intérieure ? Parce que je ne suis pas certaine que je ferais forcément mieux qu'elles en plus ! 

Je sais que nous avons beaucoup, beaucoup de chance. Que tout ceci est permis d'une part par la petite taille de l'école et d'autre part par le fait que les maitresses n'hésitent pas à contourner les directives quand elles pensent que c'est en faveur des enfants (d'ailleurs, encore une fois, je ne regrette pas d'avoir choisi l'anonymat pour pouvoir vanter les mérites de ces femmes sans leur porter préjudice). Des écoles de cette trempe il doit y en avoir une poignée dans notre département et il se trouve que l'une d'entre elle est à côté de chez nous.

Mais pour moi du coup, notre vie est au mieux telle quelle est. 
En choisissant de mettre Minimog à temps partiel à l'école, je me suis d'abord demandé si je ne devais pas compenser à la maison. Et je me suis rendue compte que vraiment, toutes ces grandes questions pédagogiques ce n'était pas pour moi. Mais au cas où elles seraient utiles, je suis ravie quee d'autres, dont c'est le métier, s'en charge. Et que tout ceci se fasse sans nuire à mes enfants.
Du coup les jours non-sco, je complète ce qui manque à l'école : autrement dit : l'ouverture au monde, le décloisonnement, le terrain, la nature. Et ça tombe bien, ça je sais faire, et ça j'aime faire. 

Pour les deux années à venir, notre équilibre est là et c'est avec joie que je laisse derrière moi le sentiment d'urgence qui me pousserait à devoir réaliser l'impossible pour trouver une autre voie.

J'écris ceci en pensant à toutes les mamans et leurs enfants qui n'ont pas notre chance.
Mais j'avais envie de montrer aussi par notre expérience que l'école, ça peut aussi être ça : un lieu d'épanouissement et de bienveillance pour toute la famille.


vendredi 9 septembre 2016

De l'écran à la rencontre.

Je suis une toquée de l'expérience humaine. Ça a toujours été mon grand truc, mon critère de choix numéro un dans le choix de ma voie professionnelle et un de mes moteurs pour le choix de mes hobbies, ce qui m'a motivé à apprendre 5 langues étrangères : rencontrer des gens.

Autant vous dire que j'ai vraiment du mal avec les adultes de ma génération : entre cloisonnement chez soi et portable addiction j'avoue être désespérée par moments d'être entourée de gens qui passent leurs temps à liker des posts sur facebook à toute heure du jour et de la nuit mais qui n'ont jamais le temps de sortir de chez eux pour discuter autour d'un verre ou d'une tasse. Certes, j'ai un blog, un compte facebook, et depuis peu, un portable. Mais pour moi tout cela est une extension de mes possibilité pour rencontrer les gens, échanger avec eux, ça n'a rien d'une fin en soi et pour tromper l'ennui j'ai mieux. Si l'humain n'est pas au bout de l'expérience, pour moi ça n'a que peu d’intérêt. 
Rencontrer d'autres mamans croisées au fil des blogs, c’était un souhait de longue date.

Autant vous dire aussi que lorsqu'une de nos lectrices qui mûrit un projet d'habitat communautaire m'a écrit pour m'inviter à passer un bout de vacances chez elle, je ne me le suis pas fait dire deux fois ! Et tant qu'à faire, j'ai embarqué Charlie avec moi.


C'est ainsi que nous avons passé quelques jours en terre bourguignonne à la rencontre de vrais gens pour un moment de vie partagé. Et pour le coup sur le plan humain, ce fut richissime.

Moi je suis plus sauvage que toi, ou plus réservée c'est selon ;-) Par contre depuis quelques temps, quelque chose à profondément changé en moi. Les rencontres que j'ai faites n'y sont pas pour rien, la vie de maman solo non plus bien sûr, et plus que jamais j'ai envie de "communauté". 

Je mets des guillemets parce que pour beaucoup ça fait secte, ça fait communautarisme, hippy alors qu'aucune de ces étiquettes ne me correspond.  Disons que j'ai envie de partager ma vie, mes connaissances, mes biens. De servir mon "écosystème" en quelque sorte, et de ne plus vivre isolée.

Alors forcément cette proposition était tentante. Mais je ne m'attendais pas à ça. La personne rigoureuse que je suis se voyait un peu comme à ces congrès que je faisais avant pour le boulot en bien plus dilettante bien sûr et en me posant milles questions pratiques parce que je suis réservée et un "peu trop organisée". Mais en fait j'ai pris une claque! C'était hyper simple, le quotidien rien de plus mais, oui , richissime!


Personnellement j'ai débarqué chez Claire et Arthur, sans attentes, sans planning, sans même vraiment savoir où je mettais les pieds. A l'arrache, comme on dit. Je le sentais ainsi. Et je crois que je ne me suis pas trompée. 
C'est vrai que tout c'est mis en place tellement naturellement ! Chacun a pris sa place dans un équilibre collectif sans que l'on ait rien eu à demander à personne. A bien y réfléchir, c'est assez rare. On peut partir en vacances avec des amis de longues dates ou même sa famille et se prendre la tête tout le séjour. Là nous étions chez de parfaits inconnus et tout coulait de source. 


L'un de nous en cuisine, un autre avec les enfants, un autre à s'occuper de la maison ou dans le jardin, à prendre un temps pour soi. Comme une vie de famille en fait.

Mais une vie de famille beaucoup moins stressante qu'en "vrai" ! 

On a d'ailleurs pas fait grand chose de spécial. Pas de visites, une seule sortie au bord d'un lac... On a "juste" vécu. Enfin.... On a vécu dans un endroit extraordinaire : le logement disposait d'un immense terrain comme ceux qui emplissent mes rêves. Mais cette vie toute simple était tellement riche humainement ! Nous vivions en groupe à géométrie variable, nous échangions sur nos centre d’intérêt, nos expériences, nos questionnement, communs.
Education, architecture, écologie, cuisine, musique, art, vie de famille, géo-politique : les échanges furent riches et variés. 


Pour moi ça n'a pas été tant les échanges que la possibilité de me poser  un temps, de ne pas avoir a être dans la réaction permanente. On n'a rien fait de spécial, non c'est vrai. On a partagé du quotidien avec des gens qu'on ne connaissait pas et ça c'est assez incroyable. Ils nous l'ont bien dit d'ailleurs, que c'était fou. Et puis surtout à partager un bout de vie avec eux, c'est moi que j'ai trouvé. J'ai compris ce qui me faisait peur, quelles étaient mes limites, ce dont j'avais besoin...ça ne veut pas dire que je n'ai plus de barrière aujourd'hui, ce serait trop beau! Mais je sais aujourd'hui comment les lever. Quand il  m'arrive de douter et de me heurter au mur, je me rappelle ces moments, et qu'il y a toujours une solution. 


C'est vrai que nous avions tellement de temps pour nous ! L'aspect communautaire m'a vraiment frappé à ce niveau. On n'a pas besoin d'avoir un adulte pour 1 ou 2 enfants : souvent un seul adulte suffisait à gérer les petiots. Enfin dans le mode de vie qui fut le notre : très ouvert, notamment sur l'extérieur. Honnêtement, je n'ai pas vu ma fille de presque tous le séjour. Et mon fils vadrouillait à son aise dans tout l'appartement (il a fait ses premiers pas à 4 pattes le lendemain de notre arrivée !). Il y avait toujours un adulte pour répondre au besoin d'un enfant - qu'il soit le sien ou non - et je pense que nous nous faisions confiance les uns les autres quant à la façon de répondre à ces besoins.   
D'ailleurs ce furent de vraies belles vacances pour les marmots ! Ils étaient très libres, ils avaient à leur portée plein de plaisir simples et leur groupe à bien fonctionné. Vivre à leur rythme ne nous posait pas de problème puisque nous étions bien moins épuisés et sollicités qu'en temps normal. 


Je dois avouer que mes envies d'habitat partagé sont revenus plein pot après ce séjour. Je dirais même que d'accepter de revivre chacun chez soi fut assez difficile au retour. 

J'ai eu le même sentiment.Les enfants, le mien surtout m'ont beaucoup surpris. Autonomes, détendus, ils ont mené leur vie, une belle vie faite de baignade, de jeux des plus simples, de courses derrière les poules....ils ont partagé un quotidien d'une simplicité désarmante dans une atmosphère sereine et ça, ça change tout! Petit Chou ne cesse depuis de me parler de ce séjour et de me demander quand on y retourne, quand on les revoit.
Tout ça m' a fait repenser à nos projets et plus particulièrement à notre projet de départ aussi.Pour moi aussi le retour a été assez difficile, à peine les valises posées j'ai eu envie de repartir! 



Crever l'écran une expérience que je souhaitais depuis longtemps, et celle-ci fut vraiment belle : plus qu'une simple rencontre, une expérience de vie qui laissera des traces. A ce compte là je re-signe de suite ! 
Bon, who's next ?  

Partager le quotidien de personnes que l'on ne connait pas ça laisse force des traces, mais là j'ai le sentiment que ça a carrément changé quelque chose en nous! Alors,"Who's next?" oui c'est tout à fait ça, partir à la rencontre de nos lectrices est une aventure incroyable,  je nous verrais bien en road trip, à traverser la France pour faire pleins de rencontre!

(attends que je rachète un van !  ;-) )


 

mardi 6 septembre 2016

Alors? Alors??

Alors?Alors?

Alors ben....c'est aujourd'hui la 4 ème matinée d'école. La première s"est passée en douceur, avec même un peu d’excitation. A la fin de la matinée j'ai retrouvé un enfant tout chagrin: il ne voulait pas rentrer mais rester à l'école encore. "Toute sa vie!!"

La deuxième matinée s'est bien passée aussi même si me voir partir a été un peu plus sensible. Quand il m'a vu dans l'embrasure de la porte, à midi, j'ai eu droit à un sourire à me faire chavirer le cœur.Il s'est levé et précipité vers moi en en oubliant son cartable, m'a grimpé dessus puis a murmuré "mais pourquoi je ne reste pas maman??"

La troisième matinée, le réveil a été difficile et il ne voulait pas me laisser partir. J'ai compris que c'était à moi que la maitresse s'adressait et non pas à mon fils quand elle a dit " les mamans ne rentrent pas dans la classe!"...mmmhhh....j'étais à l'intérieur avec ma petite moule accrochée à son rocher. Il est parti voir les dinosaures avec la maitresse et quand je l'ai retrouvé j'ai eu droit à ce même sourire qui me mets le cœur en ivresse.

Le quatrième matin, aujourd'hui, il n'a pas réussi à se lever. Il n'a pas arrêté de se faire mal. Glisser dans la salle de bain et se cogner les fesses et la tête, se cogner le petit orteil dans la table...Il a eu du mal à manger tant il était encore à son sommeil. Je lui ai demandé si c'était trop dur, il m'a dit "oui mais je veux aller à l'école maman". Alors je ly 'ai emmené. Au bout de 30 secondes j'ai du le porter. Et quand je l'ai laissé avec la maitresse, devant la classe (pas dedans), c'était dans les cris et les larmes.  Sa main s'agrippant à mon pull.

Alors oui , dans l'ensemble ça se passe bien et j'ai de la chance d'avoir un enfant qui veuille aller à l'école et qui (jusqu’à maintenant en tout cas) ne s'est pas vidé de toute l'eau de son corps à coup de larmes.  Je vois aussi que ça lui plait beaucoup.

Mais ça ne fait que 4 jours d'école entrecoupés d'un week end des plus calme et mon fils passe ses journées à ralouiller, ronchonner, à chouiner, à se faire mal.  On a arrêté les petites balades du soir. On a arrêté les balades de l'après midi aussi. Hier soir j'ai du manger dans la salle de bain pendant qu'il se lavait parce qu'il était trop fatigué pour attendre que j'ai fini mon assiette.  Quand il s'est allongé dans l'eau pour que je rince ses cheveux, ses yeux se sont fermés.  Pendant ce moment de flottement, j'ai regardé mon fils, les cheveux flottant dans l'eau, dessinant comme un soleil autour de sa tête et j'ai eu un pincement au cœur.
 Je l'ai sorti de l'eau, entouré dans une serviette pour le sécher rapidement et je l'ai mis sous sa couette. Mes lèvres n'avaient pas encore touché son nez qu'il dormait.

Il a dormi 11h. Lui qui se réveillait au petit matin pour me rejoindre, dort comme une masse. C'est moi qui vient le voir le matin, pour le réveiller, le plus en douceur possible.

La maitresse m'a dit "il va être fatigué jusqu'à la Toussaint".  La Toussaint c'est dans 43 jours. Les mamans m'ont dit "la première année c'est la pire, vous allez voir dans quel état il sera au moment des vacances..." Je crois, non j'ai la certitude que la fatigue ne peut que se cumuler et non pas se résorber.



En attendant, on mets notre vie entre parenthèse. Un temps suspendu et infini où l'on ne fait rien ou presque, tant le corps et l'esprit est fatigué, on se repose parce que "demain il y a école".

Pour le moment, ça va, l'après midi il peut se reposer. Bientôt, ce sera toute la journée. Comme tous ces enfants qui sont levés à des heures indécentes et ne retrouve leur parent que le soir venu. Sauf que ce n'est pas un enfant parmi des centaines, que dis-je, des milliers!! C'est mon enfant. Et ce n'est pas parce que c'est la norme qu'elle est bonne.Vous lisez ce blog, alors vous le savez aussi bien que moi: on pourrait faire mieux.

Alors?
Non je ne m'en veux pas. Non je ne culpabilise pas. Mais je suis triste et en colère de voir tout un système marcher sur la tête. De devoir mettre mon enfant à l'école et en garde  pendant que je vais travailler alors que je pourrais être utile ici, "servir mon écosystème" et ne pas infliger à mon fils autant de fatigue. C'est pour ça que je ne suis pas prête pour cette rentrée. Ce n'est pas tant le fait de voir mon fils se séparer de moi pour faire ses expériences avec d'autres, non. C'est le fait d'entrer dans cette norme et d'accepter que mon projet de vie n'est pas viable pour le moment. En attendant, il y a école demain.



Re/dé/connexion

" I ran to the forest, I ran to the trees
I ran and I ran, I was looking for me"


Chez nous, les vacances d'été cette année ont vraiment pris une tournure particulière. Tout n'a été que re/dé/connexion. 
"Connexion" : ce mot m'a habité pendant les vacances.
C'est assez ironique d'ailleurs parce qu'on parle tellement d'être "connectés" de nos jours que je pourrais qualifier la génération de mes enfants de ""génération connectée". Mais dans ce cas on parle de connexion numérique ou virtuelle. 
Là je parle de connexion sensorielle, intime, humaine, réelle.
Tout l'inverse justement.

Connexion :

Ma plus grande expérience fut l'expérience "jardin potager". Avec un printemps mitigé et un été caniculaire pas évident à gérer avec mon Raoudi qui est blanc comme un nuage (exit le jardinage en pagne, mon fils serait couleur homard en moins de 20 minutes) je ne passe pas autant de temps dans mon jardin que je ne l'aurais voulu. Mais néanmoins, la connexion s'est faite. Et je peux dire aujourd'hui que si j'aime ma maison comme un lieu de vie agréable et pratique, mon jardin est un lieu de ressenti et d'harmonie intérieure.
Comment vous l'expliquer ? Mon mari et moi avions misé sur un terrain pour monter un projet de vie dans la droite ligne des discours comme on en trouve chez Pierre Rabhi : retour à la terre, la respecter, permaculture, agro-cécologie, indépendance alimentaire, etc. Citadine d'origine, je m'étais lancée là dedans par principe, ou conviction comme vous voulez. Mais ces principes ont pris un sens profond, intime auquel je ne m'attendais pas. Prendre mon seau pour aller cueillir notre petit déjeuner en me basant sur ce qui pousse dans mon jardin, ne prendre que ce dont j'ai besoin, rendre le reste à la terre dans une relation de prendre et rendre, ça n'a l'air de rien mais ce fut une révolution intérieure. Parce que nous ne fonctionnons plus comme ça : nous allons dans les supermarchés, nous prenons, nous entassons, plus que nécessaire, mais cet univers est froid, agressif pour l'âme, on veut en finir au plus vite, il n'y pas d'âme dans le geste de prendre une conserve et la mettre dans son caddie (et ne surtout pas regarder sa composition ni d'essayer de savoir quelle maltraitance écologique, animale ou humaine il y a derrière au risque de ne plus rien manger).
Notre entourage pense que nous recherchons le dénuement, j'ai le sentiment de rechercher le luxe. J'ai le luxe de pouvoir me pencher, cueillir un légume, rentrer chez moi, le faire gouter à mes enfants, le cuisiner (avec eux ou pas), de comprendre son importance, d'être habitée par la chance que j'ai de pouvoir le manger, de le respecter, d'être reconnaissante à la terre qui me l'a fourni.
C'est extraordinaire. Je n'ai pas d'autres mots.
Ça semble basique à tout le monde, et ça l'est : c'est la base de la vie ; mais ce sont des gestes dont nous sommes -justement- totalement déconnectés aujourd'hui. 
Alors bien sûr, je n'ai aucune pression puisque si mon jardin ne me suffit pas (et il ne nous suffit pas du tout pour l'instant!) il me reste le fameux supermarché (bien pratique quand même), ou le maraicher local, ou la Ruche ou l'AMAP, bref.... C'est un luxe, et je le vis comme tel.

Connexion humaine aussi avec notre aventure en Bourgogne chez notre lectrice, son conjoint  et leurs enfants. Je ne m'étendrai pas là-dessus, nous avons un article à 4 mains en attente. Mais cette expérience m'a bouleversé également. 
D'ailleurs, petite parenthèse, pendant 4 jours mes enfants ont vécu dans un univers simple, libre, partagé, confiant, bienveillant. La semaine suivante j'étais chez mes beaux parents pendant 4 jours, dans un univers fait de télé, de bonbons, d'interdictions, de restrictions. Et bien j'ai vu la différence que ça a produit chez ma fille en terme de comportement ! Papa-san aussi ! Grâce à cela il a fait un petit pas de plus sur la voie que j'ai tracé.

Reconnexion :

D'ailleurs la plus grosse reconnexion des vacances fut avec mon conjoint. 
Disons le, je vis à 75/80% de mon temps en mère célibataire tant mon mari est absent (pour le boulot je précise, pas pour aller en boîte). Ça ne rend pas les choses évidentes pour mon couple, encore moins quand on a une maison et un jardin à gérer et deux jeunes enfants par dessus et qu'on a pas acquis le même degré de conviction sur l'éducation des enfants ; enfants que l'on ne fréquente pas du tout de manière égale. 
Il m'a paru urgent de me re-centrer sur ma famille, sur nous. De renouer les liens qui s’effilochent. Mes enfants ont passé du temps avec leur père. Surtout Minimog qui est en plein Oedipe ("Mais moi je veux être amoureuse de Papaaaaa !") et qui a connu un père beaucoup plus présent  - et impliqué- auparavant. De nous trois c'est elle qui souffre le plus de son absence. 
Quel bien cela nous a fait de revivre en famille, sans pression, loin de notre quotidien ! Et j'ai vraiment tenu à ce que ce bénéfice perdure avec nos reprises à tous. Pas question que ce quotidien nous bouffe à nouveau et ne vienne faire exploser ma famille alors que nous nous aimons tous les uns les autres ! 
Mon mari parle de garder sa fille pendant ses congés, il parle de peut-être-un-jour-qui-sait chercher un travail moins bien rémunéré mais qui laisserait plus de place à la famille, il passe moins de temps à fumer au garage et plus de temps à s'occuper de ses enfants. Et mine de rien, la chambre familiale nous apporte beaucoup. Comme mon mari dort beaucoup et en décalé, il est présent quand même, avec nous. Et les réveils à coup de bisous ou s'endormir dans les bras de papa sont autant de petits moments précieux qui nous re..connectent.

J'ai cherché aussi à me reconnecter avec moi-même. Quel respect ai-je pour moi-même, pour ce que je suis, pour ce que je fais ? De quoi ai-je besoin ? Après plusieurs années de ""deuil"" (professionnel notamment) et ""d'abandon"" (de toutes mes activités personnelles), j'ai besoin de reprendre du temps pour moi. J'ai accepté de me centrer sur mes enfants pour prendre le temps nécessaire à trouver nos marques dans cette vie qui est mienne aujourd'hui : la vie de maman. Mais je réalise que mes enfants ne seront pas toujours dans mes pattes et je ne veux pas les voir s'éloigner en me disant : "Que vais-je faire sans eux?", ou pire, ne pas réussir à les laisser s'éloigner parce que je ne vis que pour eux. J'ai besoin d'autre chose. Alors j'ai repris plein de petites choses, toutes bêtes, des toutes petites créations pour ma maison, mon jardin, sans prétention ni barrière : peu importe si c'est beau ou original ou à la hauteur de mes ambitions : l'important étant pour moi de faire autre chose de mes mains que taper sur un clavier, de laisser libre cours à mes envies, mes idées. Ça aussi c'est important. Et comment puis-je attendre que mes enfants peignent ou tissent, inventent ou créent, si moi-même je ne fais rien ?
J'ai également proposé de rejoindre un projet de création d'école alternative sur mon secteur. Je n'ai encore aucune nouvelle et ne sais pas où ça me mènera mais j'ai besoin d'action. Avec Charlie aussi nous aimerions amorcer quelque chose de concret. De petit mais de concret. Les grands discours et les grandes citations à partager sur le net (je suis pas fan d'ailleurs, vous aurez remarqué) c'est bien gentil mais ça ne suffit pas. Mon secteur regorge de regroupement de personnes qui agissent, je veux en être.  

Déconnexion :

Du coup pour faire tout cela je me suis tenue assez éloignée de mon écran. Ça a du se ressentir ici puisqu'à part un petit article de rentrée tranquillou et pas révolutionnaire, on ne peut pas dire que je vous aurais tenu en haleine cet été.  
J'avoue n'avoir même pas pris le temps de même visiter les blogs de mes chouchoutes habituelles, hormis ceux qui ont une page facebook et qui du coup m'ont rappelé à l'ordre. J'ai honteusement négligé Céline, Alexandra, Gwen, Nadège ou Mélissa.
Et j'en avais besoin. 
Tenir un blog est une expérience particulière. 
En lire aussi : il y en a tellement !! Lesquels choisir ? Comment maintenir la distance entre notre histoire et celles que l'on lit ? Car même avec authenticité on est dans la vitrine. Lecteurs et rédacteurs. 
Quel degré de ma vie je raconte ? De quoi ai-je envie de parler ? Pourquoi ? Qu'ont envie de lire les gens ? On est pas vraiment censée se poser cette dernière question mais Internet - quelque soit le support, essaye sans cesse de vous emmener avec lui dans la course au ++++ : + de likes, + le lecteurs, + de partages, + de vues, + de liens. Les sirènes murmurent sans cesse à vos oreilles et parfois il est bon de leur couper la langue pour se recentrer. Savoir ce qu'on fait et pourquoi on le fait. 
Un tas d'articles me sont venus en tête .... Et ils sont restés lettres mortes et puis.... plus d'articles du tout. Parce que j'ai passé tellement de temps à VIVRE les choses avec mes enfants, sans un appareil à la main (et en oubliant pas de photographier mes enfants sans les visages !), sans me demander comment j'allais partager ça, sans même que ma première réaction ne soit : "Génial, ce moment avec les enfants, ça ferait un bon article !". 
Activités ou pas, j'ai réalisé que ma vie de mère remplirait un blog frénétique si j'en avais envie : ce qu'on fait, ou l'on va, ce qu'on possède, ce qu'on achète, ce qu'on mange, ce qu'on emprunte, ce qu'on teste, ce qu'on dit.
J'ai réalisé aussi que je n'en avais pas envie. 
Ce n'est qu'un blog après tout. Ce n'est pas ma vie, ni son reflet, ni sa justification et il n'y a rien à gagner à l'arrivée que le plaisir d'échanger avec quelques autres mamans. 
Et puis les choses essentielles sont souvent celles que l'on a pas pu immortaliser.
Je suis contente de revenir ici vous retrouver avec en tête ce seul plaisir pour ambition.  

D'ailleurs il y un concept avec lequel je me suis déconnectée : la pédagogie. A force de lâcher prise, j'ai fini par me demander : "Mais la pédagogie, c'est quoi ?".
Les méthodes et pratiques d'enseignement requises pour transmettre des connaissances"
Ensemble des méthodes utilisées pour éduquer les enfants et les adolescents
Pratique éducative dans un domaine déterminé ; méthode d'enseignement : La pédagogie des langues vivantes. 
Aptitude à bien enseigner, sens pédagogique : Manquer de pédagogie.
J'en suis venue à me dire que la pédagogie c'est un truc d'adulte et que je ne suis pas certaine que mes enfants aient besoin de pédagogie. Pas tout de suite en tous cas. 
Oui, je joue les iconoclastes de service qui vont encore plus loin que les pédagogies alternatives : la non pédagogie. 
Carrément. 
Bon j'exagère évidemment. Peut-on se passer de pédagogie ? Ou même l'idée de ne pas appliquer de pédagogie est-elle une forme de pédagogie ? Puisque : peut-on ne pas transmettre quelque chose à nos enfants ?  (sujet de philo du bac 2018, vous avez 4 heures) : non, sûrement que non. Et ne suis-je pas fondamentalement influencée par ce que j'ai pris de ces pédagogues et qui m'a touché ? : si, bien sûr que si. Mais à force d'avoir la tête dans ces questions de pédagogies de toutes sortes - questions que ne m'effleuraient même pas il y a 3 ans - à force de voir, lire, entendre parler de Montessori, Freinet, Reggio, Steiner, Mason, Collot, à toutes les sauces (je devrais m'en réjouir pourtant), j'ai eu besoin de laisser tout ça de côté un bon coup. Je regarde mes enfants.... non, vraiment, ça roule sans que je me tartine la tête avec ces questions. Et ne pas me les poser via un tas d'articles et de vidéos qui se les posent..... Et ben ça fait du bien aussi!     
Let it be ! 

Mon obsession pour le tri s'est étendue à toute ma vie : dans mes affaires, mes habits, mon garde-manger, mes meubles, dans mes envies, mes projets, mes relations, mes idées, mes principes, mes questions. J'ai laissé tout un tas de choses derrière moi, sans regret. 

Le plus est l'ennemi du bien. 

Désormais c'est simple : quand c'est ingérable, ou ennuyeux c'est qu'il y a trop. S'il y a trop, je vire.


Et carpe diem : j'arrête de voir trop loin. 
Genre : Ecole / pas école ? Si pas école alors quoi ? - Ecole à mi-temps cette année : et ensuite nous verrons. 

Je cueille  le jour, comme je cueille les haricots dans mon jardin : posément, sans abus, en conscience, avec respect. 
Re/dé/connectée
 

   

vendredi 2 septembre 2016

Notre routine

Il parait que c'est intéressant de connaitre les routines des autres mamans.
Avec le retour de l'école, un article de ce type me semblait approprié puisque, c'est une de mes leçons chèrement acquise l'an dernier : une des pires choses à gérer avec l'école et la reprise du travail à mes yeux (et, semble-t-il, aux yeux de bon nombre d'autres mamans) c'est le rythme (insensé) et la fatigue qui s'en suit que nous devons imposer à nos enfants. Du coup, trouver la routine adéquate qui augmente les chances de passer des moments en famille dans le calme et la sérénité : ça aide beaucoup.

Autant le dire, la routine chez nous, à la base, c'est un gros mot et c'est pas inné. Il n'était pas rare quand nous n'avions pas d'enfant que mon mari et moi rentrions le soir, nous lancions chacun de notre côté dans une activité et que l'un de nous émerge à 22 heures en disant : "Euh, au fait... on a pas mangé ?". C'est vous dire si on revient de loin ! Y avait pas grand chose de fixe dans notre emploi du temps quotidien, nous vivions au fil de l'eau. 
Et pour moi la routine bien rodée est un luxe qui m'est permis par le temps dont je dispose aujourd'hui. Quand Minimog était bébé, avec mon emploi précédent quand je bossais 5 jours par semaine en me levant à 6h et rentrant à 19h le soir, on était pas dans la routine, mais dans la survie. Etant donné que humainement, je ne pouvais pas réussir à faire tout ce que je "devais", je ne pouvais pas avoir de journée type. Donc mon article n'a pas vocation à étaler notre belle routine bien comme il faut pour montrer à quel point on est une famille modèle. Il m'a fallu 4 années et bien des ratés pour en arriver à cet équilibre qui reste précaire et qui nécessite tous les jours des efforts pour ne pas partir en lambeau.
En fait, chaque créneau horaire pourrait commencer par la mention "si tout va bien".

LE MATIN :

Version tout va bien : 
6h10 : mon réveil sonne, je snooze.
6h20 : mon réveil re-sonne, je re-snooze.
6h30 : je n'ai plus le choix, je m'arrache de mon lit et je descends me préparer. Comme je ne suis pas très coquette, ça va vite. Logiquement, mon fils se réveillera sûrement quelques minutes plus tard - fils qui a la faculté extraordinaire d'être tout sourire même si on interrompt son sommeil, ça aide. Puis je prépare le petit déjeuner.
6h45 : Je réveille Minimog. Enfin j'essaye. Si elle est au taquet elle se réveille et s'habille. Si elle a du mal à émerger je la porte au salon où je l'installe dans le canapé avec un plaid pour qu'elle se réveille lentement pendant que je finis de préparer le petit déjeuner.
7h00/ 7h05 : les enfants ont fini de déjeuner - moi j'ai pris le pli de déjeuner au boulot pour manger dans le calme et être plus disponible pour les enfants. Tout le monde passe à la salle de bain pour l'habillage (préparé la veille), la coiffure, le lavage de dents.
7h15 : départ pour chez la nounou.
7h30 : arrivée chez la nounou - bisous - départ pour le boulot.

Il n'y a pas de temps de jeu chez nous: l’objectif étant de nous lever le plus tard possible. De toutes façons il restera 30/40 minutes chez la nounou pour finir d'émerger et jouer un peu avant l'école.
L'autonomie pour le petit déjeuner passe à la trappe les jours d'école/boulot : de toutes façons Minimog n'a souvent pas les yeux en face des trous pour ça. Et le lavage de dents est souvent zappé faute de temps....

Version apocalypse:
6h10 : mon réveil sonne, je snooze.
6h20 : mon réveil re-sonne, je re-snooze.
6h30 :  mon réveil re-re-sonne, je re-re-snooze
6h40 : je n'ai plus le choix, je m'arrache de mon lit en stress et je descends me préparer. Comme je ne suis pas très coquette, ça va hyper vite. Je finirais de me coiffer au boulot.... Ou pas. Je finis de préparer ce que je n'ai pas eu le temps de préparer la veille.
6h50/55 : Je réveille Minimog. Enfin j'essaye. Elle est tellement claquée qu'elle se rendort sur le canapé ou carrément je remets ça à plus tard et je prépare le petit déjeuner.
7h00: je re-tente de réveiller la pépette, je commence à l'habiller pendant qu'elle dort en essayant d'être la plus douce possible. Ça la réveille.
7h15 : Minimog est habillée.... Et en larmes.
7h30 : je case la puce en larmes dans la voiture, elle déjeunera chez la nounou, je fourre les habits de mon fils dans un sac pour que la nounou l'habille, je réveille mon bébé et le fourre dans la voiture dans la foulée (et non, il ne pleure pas - enfant béni) il déjeunera aussi chez la nounou. Et moi je suis bonne pour les bouchons...

Entre ces deux versions nous avons des variantes : le jeu étant de faire de la version 1 la version immuable.


LE SOIR :

17h : arrivée chez la nounou - c'est le moment où Minimog qui était super calme jusque là se met à péter un plomb et devient surexcitée ou chuineuse, ou les 2.
17h 15 à 30 : on arrive à la maison. Nous rangeons les chaussures et les affaires de chacun et puis nous avons le luxe d'un temps de reconnexion et de jeu d'environ une heure devant nous : généralement ce temps comprend une tétée / un câlin - un tour au jardin et un temps de jeu avec Minimog. Quand Papa-san est là c'est le super bonus sérénité car on peut s'occuper chacun d'un enfant.
18h30 : je me mets à la cuisine. J'ai opté, avec accord de toute la famille pour une formule "repas simples" lors des journées boulot. Je prépare le plus simplement du monde une légumineuse, un poisson/ viande pour mes omni, des légumes et un féculent qui sont proposés en vrac sur la table avec un choix d'assaisonnement (vinaigrette / crème / fromage / graines / sauces, etc.) ensuite chacun fait à sa sauce. Les enfants mangent tout en séparé, Papa-san et moi faisons nos propres arrangements. C'est sain, facile, rapide, délicieux et modulable. Minimog peut m'accompagner facilement à la confection. C'est parfait.



Les jours sans pression, je cuisine des plats.
19h : nous mangeons.
19h30 : nous passons à la salle de bain. Ça nous prends pas mal de temps : 30 minutes en moyenne 45 minutes si Minimog s'éclate dans le bain ou si elle doit se laver les cheveux (démêlage et séchage). C'est un moment de détente en famille, on prend notre temps. Minimog fait une toilette ou un bain selon l'envie et le besoin. Je prends ma douche avec Raoudi. Lavage de dents. Pyjama.
20h00: si on est près, re-moment de jeu calme avec les enfants : souvent Raoudi vaque à ses vadrouilles et je joue avec Minimog (en ce moment la famille Oukilé à la côte)
20h10 : séance de yoga ! C'est tout nouveau mais Minimog est tellement sur les nerfs en fin de soirée que je cherche un moyen de canaliser tout ça. Je teste en ce moment l'initiation au yoga à l'aide du dé yogique de Merci Montessori. Il a été très bien accueilli.
Puis une histoire et c'est le moment de pré-dodo pour Minimog. Je dis pré-dodo car elle ne dormira pas avant que son frère ne la rejoigne dans la chambre. Je laisse une petite lumière allumée : elle a le droit de lire ou de jouer calmement avec ses poupées : c'est un temps calme.

Pour info pour les non-facebookiens nous dormons tous dans la même chambre désormais.

20h30 environ : je mets Raoudi dans le porte-bébé, je tamise la lumière dans la cuisine et je finalise la journée : préparation de mon bentô avec les restes du repas et du gouter de Minimog, vidage et remplissage du lave-vaisselle, nettoyage de la chaise de Raoudi et de la table et coup de balai. Et plus si j'en ai le temps.
Ce rituel a émergé au début des vacances : quand Raoudi a acquis la marche à quatre pattes, il est devenu impossible à "mettre au lit". soit il vadrouillait dans tous les sens, soit il hurlait. Je mettais jusqu'à une demi-heure voire plus à l'endormir. Le souvenir de cette période affreuse était encore frais dans ma mémoire où Minimog a acquis la marche et qu'elle a subitement décalé son heure de coucher vers 22h, et où j'ai passé 45 minutes à 1 heure tous les soirs dans mon couloir ou dans sa chambre à essayer de l'endormir par tous les moyens jusqu'au nervous breakdown. Je ne me ferais pas avoir deux fois : fidèle à la "méthode continuum" que j'applique avec Raoudi depuis le début, je l'ai casé en porte bébé et je le laisse s'endormir tout seul en vaquant à mes occupations. Ça fonctionne au poil : en général il met 10/15 minutes à s'endormir et moi je mets ce temps à profit pour faire ce que je dois.
quand il s'est endormi je couche Raoudi. Le temps de faire le transfert il se réveille un peu, je le mets au sein et Minimog me prend la main. On se regarde, on se sourit, on se dit des "je t'aime" : dernière connexion avant le dodo, quelque soit les tensions que l'on a eu avant, ce moment est fait uniquement de présence partagée et d'amour.
21 h environ (en ce moment) : je quitte mes enfants pour la nuit et je me POSE. Même 15 minutes si je suis crevée mais je me pose : pour lire un livre, tisser, jouer mais je prends un moment pour moi ou moi et mon homme s'il est là.

Il n'y a pas de scénario d’apocalypse car le soir est beaucoup plus gérable vu que nous disposons de plus de temps. Ceci est notre routine 3 jours par semaine et bien sûr, les 4 autres, nous nous faisons une joie de nous assoir dessus. Quoique, je limite à présent la mise au coucher à 21h pour Minimog car j'ai bien saisi l'importance du facteur sommeil pour l'harmonie de notre vie de famille (pour tout le monde : enfants ET parents !)


vendredi 12 août 2016

Je ne suis pas prête moi!

J'ai voulu avoir un congé parental que je n'ai pas pu obtenir et malgré tout j'ai réussi à passer presque 3 années complètes à ses cotés, en bossant de la maison, en télétravail, puis pendant mon chômage.
3 ans. Faut bien l'avouer, la maternité telle qu'on la vit est prenante. Même si ma vie sociale est assez active, mon enfant est le centre de mon monde.

Dans quelques semaines maintenant, ce monde va basculer. c'est la première rentrée de Petit Chou. Son école est chouette, en tout cas la cour de récré est immense, il y a des arbres, des fleurs, du gazon, des bancs pour s'isoler un peu, des coins our jouer au ballon, et d'autre pour faire du vélo, courir, gratter, farfouiller...La maitresse est agréable, la classe est petite, tout niveau confondu.



Petit Chou est content d'aller à l'école, a hâte d'aller jouer et de se rencontrer les autres. il dit bonjour a sa maitresse quand on la croise alors que moi....je ne la reconnais pas.

Petit Chou et prêt mais pas moi.

Alors oui je vais pouvoir me reposer, avoir du temps pour moi, ma recherche d'emploi, reprendre un travail et une vie sociale parce qu'il parait que le travail c'est la vie sociale, bref, en tout cas avoir une vie en dehors de mon fils. Sauf que je n'en ai aucune envie.

Parce que j'ai d'autres envies pour mon fils.

Par ce que j'ai des projets plein la tête et que l'école n'en fait pas partie. En tout cas pas celle la, pas comme ça. Je ne vous fait pas de laïus sur l'école, vous savez bien ici ce qu'on en pense.

Parce que je n'ai pas envie d'aller bosser à l’extérieur  alors que je pourrais être utile dans mon environnement, mon "écosystème".

Parce qu'au lieu de me simplifier la vie ça me la complique, que les frais de cantine et périscolaire sont exorbitants,  que les nounous affichent complets.

Parce qu'il y a eu trop de changement dans ma vie et que j'aspire a un peu de tranquillité.  La routine, moi , ça ne me déplairait pas.

Parce qu'a un moment, j'ai eu entre mes mains la possibilité de faire autrement.

Cette rentrée, ce n'est pas seulement sa rentrée, c'est aussi la mienne. Alors oui, on en a besoin, tous les deux, mais vraiment je n'en ai pas envie!!

N'hésitez pas à partager vos états d'âme en commentaire, ça me rassurera! (ou pas!)